Un rachat de Syngenta par Monsanto créerait un effet de dominos
La seconde approche de Monsanto n’a pas impressionné Syngenta. La direction du groupe d’agrochimie suisse a indiqué hier avoir rejeté la nouvelle proposition de rachat émise par son concurrent américain. Selon elle, Monsanto n’a pas fait d’efforts suffisants, qu’il s’agisse du prix proposé ou des questions de régulation. Le groupe américain a maintenu sa proposition financière à 45 milliards de dollars, dont 45% payés en numéraire. Il a simplement consenti à inclure une indemnité de rupture de 2 milliards de dollars en cas de veto des autorités de la concurrence.
Mais cette break-up fee est «totalement insuffisante», a tranché Syngenta face au risque d’opposition des autorités de la concurrence. Les analystes de JPMorgan estiment que 15% à 20% du chiffre d’affaires de Syngenta sont potentiellement à risque. Selon Bloomberg, la direction du groupe envisagerait d’engager des discussions à condition d’obtenir une clause de dédommagement représentant 10% du montant de l’opération.
En intégrant Syngenta, Monsanto occuperait une position dominante dans les semences. Il contrôlerait ainsi 41% du marché américain des semences de maïs, devant Dupont (Pioneer) avec 35%. Au Brésil et en Argentine, son poids oscillerait entre 50% et 60%. Dans le soja, la part du groupe fusionné dépasserait également les 40%. Elle serait en revanche un peu moins élevée dans les semences de légumes, avec 27% du marché mondial devant Vilmorin (13%) et Bayer (8%). Assurant vouloir élaborer une offre de rachat «facile à mettre en œuvre», Monsanto a déjà indiqué qu’il serait prêt à vendre l’ensemble des activités de Syngenta dans les semences classiques et transgéniques, ainsi que certains actifs dans la chimie.
S’il devait aboutir, «ce rapprochement provoquerait une réorganisation majeure du secteur», indiquent les analystes de la Société Générale selon lesquels Dupont, Dow ou Bayer étudieraient les activités mises en vente. Le français Vilmorin a également reconnu qu’il pourrait se porter candidat sur certains actifs de semences. Il disposerait pour cela d’une enveloppe de financements de l’ordre de 500 millions d’euros qui lui permettrait, sur la base des derniers multiples d’acquisitions payés dans le secteur, de racheter environ 300 millions d’euros de chiffre d’affaires.
{"title":"","image":"93127»,"legend":"En int\u00e9grant Syngenta, Monsanto occuperait une position dominante dans les semences. Illustration L’Agefi»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Moody's épargne la France en maintenant sa note inchangée
Alors que beaucoup pronostiquaient une dégradation de la note de la France par Moody's, l'agence de notation l'a laissée inchangée, anticipant une réduction du déficit en 2027. -
La correction sur les actions pèse sur l’or
Le métal jaune n’a pas joué un rôle d’actif refuge dans la récente baisse, contrairement aux emprunts d’Etat américains et allemands, mais plutôt de source de financement des pertes sur d’autres actifs. Il est également affecté par les taux élevés, perdant près de 15% depuis fin août. -
La Chine reconstitue activement ses stocks de pétrole brut
D’après les données de Kpler, les stocks de pétrole en Chine sont au plus bas. Le pays augmente ses achats depuis juillet afin de les reconstituer, profitant de l’offre disponible au Moyen-Orient, avant une éventuelle escalade du conflit.
ETF à la Une
La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
RépitMoody's maintient sa note, la France garde son crédit
Surprise vendredi soir, l'agence Moody's a maintenu sa note Aa3 pour la France, avec perspective négative. Sébastien Lecornu a salué une décision qui « déjoue les pronostics déclinistes ». -
Arrête-moi si tu peux« On ne va pas faire campagne six mois comme ça » : à Amiens, Raphaël Glucksmann cherche à contourner l’obstacle LFI
Le candidat social-démocrate a consacré son premier déplacement post-primaire à la jeunesse, tout en justifiant son choix de ne pas aller dans des manifestations lycéennes où il fait face à un climat d’hostilité entretenu, selon lui, par l’extrême gauche -
Tirs à Trappes et à La Verrière : Laurent Nuñez dénonce « un crime terroriste »
Le ministre de l’Intérieur s’est rendu à Trappes (Yvelines) après qu’un homme a abattu une personne et en a blessé cinq autres dans la matinée. Le maire dénonce un « attentat à connotation raciste ».