Un levier opérationnel se profile pour le marché du travail temporaire
Le repli du marché de l’intérim et du conseil en recrutement en Europe semble toucher à sa fin, montrent plusieurs études récemment publiées sur le secteur. Les analystes de Natixis tablent ainsi sur un point d’inflexion du travail temporaire «d’ici la fin de l’année, après une atténuation progressive de la baisse d’activité d’un peu plus d’un an», notamment en France où un point bas a été touché en octobre 2012. A l’exception de l’Allemagne, le nombre d’intérimaires en Europe n’a pas encore retrouvé le niveau atteint avant la crise financière, la rentabilité opérationnelle du secteur restant également en deçà du niveau de 2007.
Natixis prévoit en conséquence un retour à la croissance du nombre de travailleurs intérimaires au début de l’an prochain sur le Vieux Continent. Ce dynamisme retrouvé «devrait se traduire par un effet de levier sur les marges opérationnelles des groupes d’intérim, pour qui l’Europe est de loin la zone la plus importante». Ils jugent en effet que «les acteurs du secteur ont encore des capacités inutilisées, ce qui leur permettra d’absorber un surplus d’activité sans augmenter leurs coûts de structure». L’amélioration des marges sera notamment stimulée par la montée en puissance du CICE (crédit d’impôt compétitivité et emploi) en France.
Les analystes de Kepler Cheuvreux privilégient également une reprise graduelle du travail temporaire dans la plupart des pays européens. La meilleure orientation des indicateurs économiques depuis l’été dernier a en outre incité ceux-ci à revoir hier à la hausse leur prévision de croissance des marchés français et belges (voir tableaux) pour 2014, ce rythme de progression restant toutefois bien inférieur aux 7% attendus outre-Atlantique.
Cet effet de levier est également à l’œuvre pour les spécialistes du conseil en recrutement cotés au Royaume-Uni, comme Hays, Michael Page ou Robert Walters, selon une étude publiée hier par Credit Suisse. «La hausse du nombre de candidats et ultérieurement des salaires de ces derniers, combinée à une plus grande productivité des groupes de conseil et à une meilleure maîtrise de leur base de coûts, devrait leur permettre de convertir entre 40% et 55% du gain obtenu en termes de marge brute dans leur bénéfice d’exploitation au cours des deux prochaines années», pronostiquent les analystes de la banque helvétique.
{"title":"","image":"80206»,"legend":"secteur int\u00e9rim»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Unilever relève ses prévisions après son meilleur trimestre en volumes depuis plus de dix ans
Porté par ses marques de beauté et de soins personnels sur les marchés émergents, le géant des biens de consommation a dépassé les attentes au deuxième trimestre et relevé sa prévision de croissance pour 2026, faisant bondir son titre en Bourse mardi. -
La tech tremble en Bourse sur fond de menace chinoise et de surinvestissement
Le secteur des semiconducteurs a encore été malmené ces dernières heures. L’irruption de concurrents chinois et des interrogations sur l’ampleur des dépenses de certains acteurs inquiètent. -
Bridgepoint signe un LBO dans la cybersécurité
Le fonds britannique entre au capital de l’éditeur belge de logiciels Lansweeper, marquant le premier LBO majoritaire de l’entreprise.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
- La BCE suit la boussole des marchés
- Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
- Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
- BNP Paribas tient les promesses faites aux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
OpportunismeRomance entre Lula et Xi sur fond de défiance entre le Brésil et les Etats-Unis
Le gouvernement fédéral est prêt à un accord dé libre-échange entre la Chine et les pays du Mercosur -
Série (11/28)Un été d'essais politiques : Marchais, le dernier dinosaure
Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Série d'étéMoi, Christian Gollier, président : « Je signe l'Accord de Pékin qui crée une taxe carbone mondiale »
SERIE. L'Opinion a demandé à Christian Gollier de se glisser dans la peau du locataire de l'Elysee. L'économiste imagine que les électeurs français et européens, chauffés à blanc par les canicules de l'été 2026 et fatigués par l'impuissance des partis traditionnels, portent au pouvoir les scientifiques du climat.