Ubisoft donne des garanties pour son deuxième placement obligataire privé
Ubisoft prend goût aux émissions obligataires par placement privé. Après les 20 millions d’euros levés en décembre 2012, l’éditeur de jeux vidéo a placé début mai 40 millions d’euros supplémentaires auprès d’un assureur français. L’opération a été arrangée par CA CIB et SG CIB. Le placement privé de fin 2012 avait été coordonné par Kepler.
Malgré une situation de trésorerie nette, et une capacité à générer des cash flows positifs, le groupe de la famille Guillemot montre ainsi sa volonté de sécuriser son financement à moyen terme. «L’opération permet de graver dans le marbre le spread de crédit. Cela crée une référence de marché, qui plus est documentée. En cas de besoin à l’avenir, la société pourrait aisément abonder cette souche», explique Clémence Berroëta, responsable des placements privés de dette corporate chez CA CIB.
Signe de la jeunesse du marché en euros de la dette non notée vendue par placement privé, et de l’absence de standards, la structure de l’opération a évolué entre les deux émissions d’Ubisoft. Des covenants, identiques à ceux du crédit bancaire de l'éditeur de jeux sur le niveau de dette (moins de 0,8 fois les fonds propres) et le levier (inférieur à 1,5 fois l’Ebitda), ont été insérés dans la documentation du second placement. Le premier n’en possède pas mais prévoit en revanche une clause de «step-up» pouvant porter le taux d’intérêt de 3,99% à 5,24% si la dette nette venait à représenter plus de deux fois l’Ebitda.
Dans le contexte actuel de forte demande des investisseurs mais aussi des émetteurs pour ce segment de marché, «notre volonté n’est pas de procurer du rendement à tout prix aux investisseurs mais de leur offrir le même niveau de garantie que celui d’un crédit bancaire», assure Clémence Berroëta. L’insertion de ces covenants a permis d’obtenir un prix d’émission plus serré par rapport au premier placement privé réalisé fin 2012, avec un coupon de 3,038% contre 3,99% pour la transaction de décembre 2012. «L’absence de covenants financiers a un coût d’environ 50 points de base pour l’émetteur», conclut Clémence Berroëta, même si une partie de l’écart tient à la différence de maturité des deux placements (6 ans pour le premier contre 5 ans pour le second).
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