Toyota se remet du tsunami mais lutte plus que jamais contre la force du yen

En perte au premier trimestre, le constructeur a relevé sa prévision de bénéfice annuel. Mais la baisse du dollar empoisonne sa compétitivité
Olivier Pinaud

En septembre prochain, six mois seulement après le tsunami, Toyota devrait avoir restauré l’intégralité de ses capacités de production au Japon. Un redressement plus rapide que prévu alors que la direction du constructeur automobile japonais n’anticipait initialement un retour à la normale qu’en novembre. Le groupe devrait ainsi effacer les marques financières de la catastrophe après avoir essuyé au premier trimestre du nouvel exercice une perte opérationnelle de 108 milliards de yens (1,4 milliard de dollars), la première depuis deux ans.

Toyota n’a pas pour autant fini de lutter. Engagé depuis des mois dans une bataille contre les effets contraires de la hausse du yen par rapport au dollar ou au won coréen, le constructeur a vu la menace enfler ces derniers jours. «Le dollar sous les 80 yens et la vitesse à laquelle il s’est apprécié sont hors limite», reconnaît Takahiko Ijichi, directeur général délégué du groupe, en regrettant l’absence d’intervention des autorités japonaises sur le marché des changes.

Pour l’exercice en cours, la direction de Toyota table sur un dollar à 80 yens contre 82 yens auparavant. Mais il est probable qu’elle doive encore revoir ses prévisions dans les prochains mois alors que le billet vert se traite actuellement autour de 77 yens. A ces niveaux, Toyota perd en compétitivité à la fois aux Etats-Unis, son premier marché, mais aussi au Japon où la concurrence des constructeurs coréens se fait de plus en plus forte. Le groupe calcule qu’un dollar 15% plus faible qu’il y a un an lui fait perdre 3.000 dollars de marge brute sur un véhicule vendu 20.000 dollars.

Dans ce contexte, et même s’il a légèrement revu à la hausse sa prévision de bénéfice opérationnel annuel à 450 milliards de yen, contre 300 milliards auparavant, Toyota va devoir poursuivre ses efforts pour améliorer la productivité de ses usines japonaises qui assurent 40% de sa production totale, et dont la moitié part à l’exportation. Sachant que l’idée même d’une délocalisation est impensable culturellement et politiquement, la direction du constructeur indique qu’elle concentrera ses efforts sur la chaîne d’approvisionnement en cherchant à se fournir encore plus hors du Japon. De nouveaux modèles seront également lancés aux Etats-Unis afin de relancer la dynamique commerciale.

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