Total taille dans ses investissements et ses coûts pour préserver son dividende
A la suite de la chute de près 60% des prix du pétrole depuis juin, la maîtrise des coûts constitue désormais un objectif prioritaire de Total et des grandes majors. Pour que le géant pétrolier soit en mesure d’atteindre son seuil de rentabilité avec un cours du brut à 40 dollars, contre environ 47 dollars actuellement, le directeur général Patrick Pouyanné a indiqué hier à l’occasion du forum économique de Davos qu’il avait décidé de limiter les dépenses d’exploration et de développement du groupe dans les champs de gaz de schiste sur la côte Est des Etats-Unis. Il entend également mettre la pédale douce dans l’amont pétrolier au Canada, en mer du Nord et dans certains pays africains comme le Gabon et le Congo.
Dans un entretien accordé au Financial Times, Patrick Pouyanné a précisé que le budget d’investissement du groupe serait réduit cette année d’environ 10% par rapport aux 26 milliards de dollars investis en 2014. Dans l’exploration, les dépenses reculeront de 30% en passant sous les deux milliards de dollars. Les économies de coûts seront portées de 800 millions à 1,3 milliard de dollars en rythme annuel. En dépit des sanctions qui frappent la Russie, la présence du groupe dans ce pays n’est pas remise en cause.
Mais la réponse de Total sera «davantage chirurgicale que drastique», a ajouté le patron de Total. Outre la décision de retarder certains projets et d’accélérer la cession d’actifs peu rentables pour un montant prévu de 10 milliards de dollars, l’activité de raffinage en Europe sera également concernée, sans que cela entraîne des licenciements. Il s’engage par ailleurs à maintenir le dividende du groupe à son niveau actuel.
Patrick Pouyanné juge que la chute du pétrole provient d’une demande un peu plus faible que prévu, de la forte hausse des extractions de pétroles non conventionnels et du maintien de leur production, en novembre dernier, par l’Arabie saoudite et l’Opep. «Les cours du brut demeureront à un bas niveau durant le premier semestre 2015», pronostique-t-il en misant sur un rebond par la suite. Il considère enfin que la crise actuelle «pourrait permettre aux acteurs de grande taille d’accéder à des ressources à moindre coût», ce qui renforcerait alors leur position concurrentielle par rapport aux autres intervenants.
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