Total limite la casse grâce à ses gains de productivité
Total résiste. Au deuxième trimestre son résultat net ajusté a seulement reculé de 2% à 3,1 milliards de dollars – alors que le consensus attendait seulement 2,6 milliards – après une chute de 22% sur les trois premiers mois de l’année, «grâce à des gains de productivité dans tous les secteurs». D’une part, le pétrolier a profité de la bonne santé de l’aval, avec une multiplication par trois du résultat opérationnel net ajusté de la division raffinage-chimie à 1,3 milliard de dollars, à la faveur d’une hausse de 18% des volumes raffinés.
Ces activités ont été «soutenues notamment par la hausse de la demande dans un contexte de prix plus bas», a expliqué Patrick Pouyanné, directeur général de Total. D’autre part, le groupe a bénéficié de la hausse de 12% de la production d’hydrocarbures à 2,3 millions de barils équivalent pétrole par jour, grâce au démarrage de nouveaux projets.
Dans un contexte de bas prix du pétrole aux alentours de 55 dollars le baril, soit une chute de moitié des cours depuis un an, Total reste concentré sur ses programmes de réduction de coûts. Il compte même dépasser son objectif de 1,2 milliard de dollars d’économies en 2015.
Parallèlement, le pétrolier baissera durablement ses investissements organiques, qui devraient tomber sous la barre des 20 milliards de dollars en 2017, voire en 2016. Cette année, ils devraient se monter entre 23 et 24 milliards, contre 26,4 milliards en 2014.
Malgré cet environnement difficile, Total se comporte mieux que ses concurrents, notamment BP, qui a annoncé mardi un bénéfice net ajusté trimestriel de 1,3 milliard de dollars, en chute de 64%, après avoir passé une nouvelle charge, de 10,8 milliards liée à la marée noire 2010 dans le golfe du Mexique. De plus, Total affiche son optimisme, tablant sur une hausse de 8% de sa production en 2015 et jugeant toujours «favorables» les conditions de marché dans l’aval.
Par ailleurs, le groupe vient de vendre une participation minoritaire de 20% dans des champs gaziers à l’ouest des îles Shetland pour 565 millions de livres sterling (876 millions de dollars). Le pétrolier détiendra encore 60% de ses sites après l’opération. Cette cession s’inscrit dans le programme de 5 milliards de dollars de cessions en 2015. Au premier semestre, le groupe a déjà engrangé 3,47 milliards de dollars avec notamment les ventes de Bostik (filiale d’adhésifs vendue à Arkema), d’intérêts au Nigeria, et de Totalgaz.
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