Tesla fait de la rémunération d’Elon Musk un produit d’appel
Tesla se veut aussi innovant en matière de gouvernance que d’un point de vue industriel. Le fabricant de voitures électriques a dévoilé hier les termes du nouveau plan de rémunération pour les dix prochaines années de son fondateur, premier actionnaire (20% du capital) et PDG. Elon Musk ne touchera ni salaire fixe, ni bonus, ni action. La totalité de sa rémunération dépendra de l'évolution du cours de Bourse du fabricant de voitures électriques et de l’atteinte d’objectifs opérationnels au cours des dix prochaines années.
Avec ce nouveau système, qui remplace le plan à cinq ans mis en place en 2012, Elon Musk ne pourra prétendra à la totalité de sa rémunération sous forme de stock-options qu’à condition que la capitalisation boursière de Tesla décuple pour atteindre 650 milliards de dollars (529 milliards d’euros) d’ici dix ans.
Ce plan à dix ans est divisé en douze tranches de stock-options représentant 1% du nombre de titres actuellement en circulation, soit 1,69 million d’actions environ par tranche. Celles-ci seraient versées au fur et à mesure de l’atteinte de plusieurs étapes. La première consiste à faire monter la capitalisation de Tesla à 100 milliards de dollars. Elon Musk toucherait alors une première tranche de stock-options. A chaque 50 milliards de dollars de capitalisation supplémentaire, le PDG toucherait les autres tranches de stock-options.
Le plan prévoit également des étapes dites «opérationnelles» : Tesla devra respecter des objectifs de croissance de son chiffre d’affaires et de son Ebitda ajusté. Enfin, ce nouveau plan ne vaut qu'à condition qu’Elon Musk reste PDG ou assure à la fois les fonctions de président exécutif et de directeur des produits, a précisé le groupe.
Du «marketing», ont jugé les analystes de Morgan Stanley en réaction à la lecture de ce nouveau plan. Car en liant la rémunération de son dirigeant à la promesse d’une multiplication du cours de Bourse par 10 en dix ans, Tesla veut avant tout rassurer ses investisseurs. L’annonce intervient au moment où Tesla peine à augmenter les cadences de fabrication de la Model 3 dans de bonnes conditions et alors que des spéculations évoquent depuis plusieurs mois un possible départ d’Elon Musk de la direction. Au rythme de consommation actuel de sa trésorerie, d’environ 1 milliard de dollars par trimestre, Tesla aura besoin de faire un nouveau plein de fonds propres dans le courant de l’année.
Plus d'articles du même thème
-
L’agrochimie soutient le bénéfice opérationnel de Bayer
Grâce à la forte baisse de ses provisions pour litiges, le groupe allemand a renoué avec un résultat net positif au deuxième trimestre 2026. -
Ipsos opte pour un nouveau changement de visage
Le spécialiste des études par enquêtes promeut Kelly Beaver à sa direction générale. Elle succède à Jean-Laurent Poitou. Un nouveau soubresaut dans la gouvernance que n'apprécie guère le marché. L'action est sanctionnée. -
La stabilité s’installe à la tête des grandes entreprises mondiales
Au premier semestre, les départs de dirigeants de grandes sociétés cotées dans le monde n’ont jamais été aussi peu nombreux. La féminisation progresse en Europe et en Australie, mais pas aux Etats-Unis.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- BNP Paribas est reconduit comme banque dépositaire par la caisse de retraite obligatoire des experts-comptables italiens
- Bpifrance cède 2,5% du capital d'Orange auprès d'investisseurs institutionnels
- Allianz valorise Pimco au moins 31,8 milliards d’euros en rachetant ses actionnaires minoritaires
- Des investisseurs institutionnels s'opposent à l'abrogation des règles climat de la SEC
- Best of : Les institutionnels se rassurent sur le crédit privé européen
Contenu de nos partenaires
-
« Cette campagne va être d’un niveau de manipulation inouï » : Gabriel Attal à son tour ciblé par la désinformation russe
Après Raphaël Glucksmann et Edouard Philippe, c'est au tour du candidat Renaissance d'être visé par une manipulation russe sur la plateforme X -
EXCLUSIF« Les critiques contre X sont le fait d’une frange opposée à la liberté d’expression »
Le patron de X France dénonce une hostilité particulière en France contre le réseau social détenu par Elon Musk, visé par une enquête judiciaire, et défend les efforts de modération et de transparence de la plateforme -
CouscoussièrePourquoi la classe politique reste si dépendante au réseau social X
Malgré les appels au boycott, le réseau social d’Elon Musk demeure incontournable avec près de 600 millions d’utilisateurs actifs. Seuls quelques puristes à l’image de Sandrine Rousseau ont migré sur Bluesky, sacrifiant un peu de leur visibilité médiatique au nom de leurs valeurs.