Telekom Austria broie du noir sur ses perspectives annuelles

Pénalisé par un environnement concurrentiel, le groupe autrichien a révisé hier ses perspectives d’activité à la baisse pour l’année en cours
Patrick Aussannaire

L’avenir ne sera pas simple». Tel est le commentaire prononcé hier par le directeur général de Telekom Austria, Hannes Ametsreiter, pour justifier la révision à la baisse des perspectives du groupe pour l’année 2012 à l’issue de la publication de résultats semestriels décevants. Le groupe autrichien de télécommunications ne table plus que sur un chiffre d’affaires de 4,2 milliards d’euros et sur un excédent brut d’exploitation (Ebitda) compris entre 1,4 à 1,45 milliard, alors qu’il avait encore réussi en mai à maintenir ses prévisions d’un chiffre d’affaires de 4,4 milliards et d’un Ebitda de 1,5 milliard. En cause: l’environnement macroéconomique compliqué ainsi que la concurrence accrue dans la téléphonie mobile sur les marchés bulgare, autrichien et croate qui pèse sur la demande et les prix. Un effet qui devrait se poursuivre au second semestre.

Il faut dire que Telekom Austria a fait face à une première partie d’année compliquée. Au deuxième trimestre, le groupe a dégagé un bénéfice net de 34 millions d’euros, en baisse de 27,5% par rapport à celui du trimestre précédent. Le chiffre d’affaires a également affiché un recul de 4,2% à 1,06 milliard d’euros, et la marge brute d’Ebitda de 4,2% sur un an à 364,8 millions. Le groupe a souffert notamment de la situation d’hyperinflation que traverse l’économie biélorusse et de la dévaluation du rouble local, avec une chute de ses revenus dans le pays de 16% à 136,9 millions d’euros et de son Ebitda de 27% à 55,3 millions.

Si les résultats globaux du groupe sont conformes aux attentes des analystes, le cours de son action a chuté de plus de 6% hier pour tomber à moins de 7 euros. Un prix bien en-deçà des 9,50 euros qu’a accepté de payer le groupe mexicain America Movil dirigé par Carlos Slim pour monter à hauteur de 25% du capital de son homologue autrichien. Telekom Austria s’est montré optimiste sur l’issue de cette opération, en attente de l’aval des autorités autrichiennes qui peuvent encore opposer leur veto. «Des signes positifs nous arrivent de la part des autorités», a indiqué Hannes Ametsreiter.

Les analystes s’interrogent toutefois sur l’influence que pourrait exercer Carlos Slim sur le groupe. Sous la pression du milliardaire, qui détient une part majoritaire de 27,7% dans son capital, KPN a annulé mardi le processus de vente de sa filiale belge, jetant une ombre sur la stratégie de désendettement du groupe.

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