Telefonica pourrait retirer 500 millions d’euros d’une mise en Bourse de sa filiale colombienne

Le groupe espagnol devra tout d’abord négocier avec Bogota, qui détient depuis l’an dernier une part de 30% dans Telefonica Colombia
Yves-Marc Le Reour

A la recherche des meilleurs moyens de réduire d’au moins 4,3 milliards d’euros son endettement net en 2013, Telefonica privilégie désormais une approche pays par pays, après avoir renoncé en février à mettre en Bourse sa holding régionale Telefonica Latinoamerica qui représente la moitié de son activité. Encouragé par le succès de l’introduction en Bourse (IPO) de sa filiale allemande en octobre 2012, l’opérateur espagnol envisage de faire coter sa filiale colombienne qui a dégagé l’an dernier un chiffre d’affaires proche de 1,8 milliard d’euros, avec une marge brute d’exploitation de 34,3%.

Selon des sources proches du dossier, le groupe aurait déjà reçu un retour positif des institutionnels sondés pour participer à l’ouverture du capital de Telefonica Colombia, qu’il contrôle à 70%. Contrairement au Brésil où la concurrence est très vive, «la Colombie est l’un des actifs les plus attrayants de Telefonica en Amérique latine suite à la fusion entre ses activités fixes et mobiles en 2012», souligne Andres Bolumburu, analyste chez Banco de Sabadell. Cette consolidation du marché s’est traduite par une prise de participation du gouvernement colombien de 30% dans l’entité élargie, assortie d’une option pour monter à 33% en 2015.

Telefonica entamera prochainement des discussions avec Bogota qui devra donner son aval à une IPO de la filiale, ajoutent ces sources. L’analyste de Banco de Sabadell estime que le placement d’un peu moins de 20% du capital «est susceptible de rapporter à Telefonica plus de 500 millions d’euros». Il est à noter que Cemex a choisi à l’automne dernier le marché colombien pour mettre en Bourse l’ensemble de ses activités cimentières en Amérique latine hors Mexique, son pays d’origine.

L’opérateur télécoms espère que les cessions d’actifs contribueront cette année à hauteur des deux tiers à la baisse de sa dette, le reste provenant de la hausse du cash flow. Son recentrage pourrait aussi entraîner la vente de ses participations minoritaires dans China Unicom ou Telecom Italia, ainsi qu’un désengagement d’Irlande et de République tchèque, deux pays où il détient des licences mobiles. Il éviterait ainsi une dégradation supplémentaire de sa note de crédit à long terme (Baa2 pour Moody’s, BBB pour S&P et BBB+ chez Fitch), qui fait l’objet d’une perspective négative de la part des trois agences.

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