Telefonica mise sur les offres groupées à haut débit pour stabiliser son activité en Europe
Si le baromètre est loin d’être au beau fixe, un léger mieux semble perceptible dans les télécoms en Europe. C’est le message envoyé hier par Telefonica qui corrobore l’analyse livrée ces derniers jours par ses principaux concurrents dans la région. Au troisième trimestre, le groupe espagnol a limité le repli de son chiffre d’affaires sur son marché domestique à 6,6% d’un an sur l’autre, après 9,1% de baisse au premier semestre. Le recul de 8,7% de son excédent brut d’exploitation consolidé, à 4,27 milliards d’euros, est inférieur à la contraction de 10,5% prévue en rythme annuel par le consensus des analystes interrogés par Bloomberg. Elle masque en outre une progression organique de 0,8% de ce résultat.
Le groupe estime que le développement de ses offres groupées (quadruple play) à haut débit, combiné à une consolidation du marché dans plusieurs pays européens, lui permettra de stabiliser son chiffre d’affaires dans la région et d’entraîner un rebond de ses marges en 2015, une tendance déjà visible au cours du trimestre écoulé dans son activité mobile au Royaume-Uni. En Allemagne, après avoir bouclé le rachat de l’opérateur E-Plus qui appartenait à KPN, Telefonica consolidera ce nouvel actif «à partir du quatrième trimestre».
La filiale brésilienne de Telefonica, premier opérateur mobile du pays sous la marque Vivo, a largement contribué à la progression de 5,3% de son excédent brut d’exploitation au troisième trimestre dans ce pays. Le groupe doit par ailleurs reprendre GVT à Vivendi, une transaction encore soumise au feu vert des autorités locales de la concurrence avec lesquelles il mène «des discussions constructives». Telefonica espère en tirer des synergies d’au moins 4,7 milliards d’euros.
En tenant compte de son désengagement partiel dans China Unicom, annoncé en début de semaine, la dette nette du groupe s’élève à 44,9 milliards d’euros, soit 2,5 fois son excédent brut d’exploitation. Telefonica a expliqué qu’il n’exclurait pas de nouvelles cessions d’actifs si celles-ci lui permettaient de réduire encore son endettement, afin d’atteindre son objectif d’une dette nette inférieure à 43 milliards d’euros en fin d’année. Avec un niveau global de liquidité de 18,4 milliards d’euros à fin septembre et une maturité moyenne de sa dette proche de 7 ans, il dispose néanmoins d’une marge de manœuvre suffisante dans ce domaine.
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