Telefonica est contraint d’ouvrir le capital de sa filiale allemande pour se désendetter
Dévoilé avant l’été, le projet de mise en Bourse d’une partie du capital d’O2 Germany, la filiale allemande de téléphonie mobile de Telefonica, est entré dans une phase active. L’opérateur espagnol a mandaté six banques pour préparer l’opération, attendue dans le courant de l’automne: UBS et JPMorgan comme chefs de file; Bank of America, BNP Paribas, Citigroup et HSBC comme teneurs de livres.
Le groupe pourrait placer 20% du capital de sa filiale sur le marché, ce qui lui permettrait de lever 1,5 milliard d’euros, selon les estimations. BNP Paribas valorise au total O2 Germany 8,1 milliards d’euros, en valeur d’entreprise, soit 6,1 fois l’Ebitda attendu pour 2012. Plus généreux, Citi applique un multiple de 7 fois l’Ebitda pour aboutir à une valeur d’entreprise totale de 9,2 milliards d’euros.
Malgré des marchés financiers encore extrêmement fragiles en Europe, le groupe espagnol compte profiter de plusieurs éléments favorables pour mener à bien son projet. D’une part, les incursions de l’opérateur sud-américain America Movil en Europe, chez KPN et chez Telekom Austria, ont rappelé que les opérateurs de télécoms européens avaient encore de la valeur. D’autre part, le projet de cotation du russe MegaFon à Londres pourrait servir de bonne locomotive. Enfin, O2 Germany est, aux yeux de nombreux analystes, le plus bel actif de Telefonica en Europe, qui plus est sur le marché le plus solide d’un point de vue macroéconomique.
Au deuxième trimestre 2012, son chiffre d’affaires a progressé de 6,8%, contre une hausse de 3,2% pour O2 UK et une chute de 15% des activités mobiles de Telefonica en Espagne. Son Ebitda a progressé de 14%, meilleure performance de tout le groupe derrière le Venezuela. «O2 Germany est l’opérateur le mieux placé en Allemagne, avec plusieurs années d’amélioration de ses marges devant lui», estimaient récemment les analystes de Citi.
O2 Germany constitue donc, avec certaines filiales d’Amérique latine dont la mise en Bourse n’est pas exclue par la suite, l’actif le plus facile à monétiser pour Telefonica qui doit absolument alléger son endettement (58 milliards d’euros à fin juin). L’opérateur compte repasser sous un ratio de 2,35 fois l’Ebitda, contre 2,6 fois aujourd’hui.
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