Telecom Italia veut redorer l’image de sa gouvernance
Telecom Italia veut en finir avec les suspicions de conflits d’intérêts. Le conseil d’administration de l’opérateur de télécoms italien soutient à l’unanimité le projet de modification de la gouvernance proposé par Marco Patuano, le directeur général du groupe. Cette réforme profonde du conseil d’administration et de son mode de fonctionnement intervient après de nombreuses critiques, à la fois d’actionnaires minoritaires, comme l’investisseur activiste Marco Fossati, mais aussi des autorités italiennes, à l’encontre du pouvoir de Telefonica.
L’opérateur espagnol, qui ne détient pourtant qu’une participation minoritaire de 22,4% via le holding Telco, est soupçonné de tirer les ficelles chez Telecom Italia. Telco a en effet la possibilité de nommer la majorité des administrateurs actuels de Telecom Italia. Or, depuis le refinancement du holding l’an dernier, Telefonica est devenu l’actionnaire majoritaire de Telco. Il est soupçonné de vouloir forcer Telecom Italia à vendre sa filiale brésilienne TIM Participaçoes afin de renforcer son propre opérateur dans le pays. Face aux critiques, Cesar Alierta, le directeur général de Telefonica, ainsi qu’un autre représentant de l’espagnol ont déjà démissionné du conseil fin décembre.
La réforme de la gouvernance, qui sera soumise au vote de l’assemblée générale du 16 avril, prévoit de réduire le nombre d’administrateurs entre 11 et 13 contre 15 actuellement, et la durée du mandat sera limitée à 3 ans. Par ailleurs, le conseil devra respecter une répartition du pouvoir claire entre le président et le directeur général, et il devra rester fortement attaché au travail de ses comités. Le futur conseil d’administration devra surtout offrir un degré d’indépendance substantiel entre la direction et les représentants des actionnaires, avec une claire majorité de candidats qualifiés d’indépendants. Le président du conseil sera choisi parmi ces indépendants.
En proposant de modifier la gouvernance du groupe, Marco Patuano et le conseil de Telecom Italia veulent également s’éviter un risque de désaveu lors de l’AG du 16 avril. Fin décembre 2013, la résolution de destitution du conseil poussée par l’activiste Marco Fossati avait été rejetée de justesse par les actionnaires, à seulement 50,3%. A la tête de 5% du capital de Telecom Italia, Marco Fossati a promis de poursuivre son combat et a de nouveau appelé à un changement de gouvernance en janvier dernier.
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