Telecom Italia n'échappe pas à une nouvelle dégradation de sa note de crédit
S&P n’a pas tardé à réagir. Quelques heures seulement après que Telecom Italia eut annoncé la vente de ses activités en Argentine, l’agence de notation a dégradé hier d’un cran la note de crédit de l’opérateur de télécoms de «BBB-» à «BB+», assortie d’une perspective négative. L’agence suit ainsi la récente décision de Moody’s qui avait elle aussi placé en catégorie spéculative le crédit du groupe italien.
Selon S&P, il faudra du temps pour que les nouvelles directives stratégiques de Telecom Italia, annoncées la semaine dernière, se traduisent par une nette amélioration des performances sur son marché intérieur. L’agence anticipe une nouvelle baisse de l’Ebitda en 2014 et 2015. La décision de S&P était attendue mais elle risque de tendre un peu plus les conditions de financement du groupe.
La vente éclair de la participation de 22,7% au capital de Telecom Argentina ne règle en rien le problème de surendettement de Telecom Italia. Le bloc a été vendu 960 millions de dollars à Fintech Group, la holding de l’homme d’affaires mexicain David Martinez, soit à peine plus de 3 fois l’Ebitda. La direction de Telecom Italia a d’ailleurs reconnu que la cession sera sans effet sur son endettement net. Celui-ci s’élevait à fin septembre à 28,2 milliards d’euros. Le groupe devra donc frapper plus fort dans les prochains mois. Avec l’émission la semaine dernière pour 1,3 milliard d’euros d’obligations convertibles, Marco Patuano, le nouveau directeur général de Telecom Italia, s’est fixé pour objectif de récupérer au total 4 milliards d’euros en deux ans.
Mais S&P voudrait également y voir plus clair au niveau de la gouvernance du groupe. Or, sur ce point, la situation est toujours aussi instable. Telefonica, premier actionnaire de Telecom Italia, semble temporiser. Le groupe espagnol a indiqué hier qu’il n’exercera pas une option lui permettant de porter à 100% sa participation dans Telco, la holding qui détient 22,4% du capital de Telecom Italia.
Dans cet entretien à Il Sole 24 Ore, Cesar Alierta, le directeur général de Telefonica, a en outre exclu l’hypothèse d’une fusion entre Telefonica et Telecom Italia, et entre leurs filiales brésiliennes respectives.
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