Telecom Italia mise gros sur la scission du fixe et la consolidation dans le mobile
Telecom Italia aimerait sortir de l’impasse. Alors que l’opérateur italien a confirmé vendredi le projet de scission de son réseau fixe après l’avis favorable du régulateur, et que le groupe a annoncé le mois dernier avoir mis fin aux pourparlers avec Hutchison Whampoa en vue du rapprochement dans la téléphonie mobile avec la filiale 3 Italia du conglomérat de Hong Kong, les résultats semestriels et perspectives dévoilés vendredi ont contraint les opérateurs à la prudence. Le titre a cédé 4,12% à Milan, à 0,4914 euro. La chute atteint 28% en 2013.
Le PDG Franco Bernabe a pourtant tenté d’entretenir la flamme en évoquant une inévitable consolidation du marché italien dans le mobile. «Il se passera quelque chose dans un avenir pas trop lointain», a lancé le dirigeant, mettant en exergue une guerre des prix «intenable» entre des acteurs trop nombreux (Telecom Italia est suivi par Vodafone, la filiale Wind de Vimpelcom et 3 Ialia).
Si effectivement «c’est une erreur de penser que la scission (du réseau fixe) peut résoudre l’ensemble des problèmes du groupe, car ce n’est qu’un ingrédient de la recette», comme le souligne Oreste Pollicono, un universitaire cité par Bloomberg, le marché reste en quête de pistes concrètes. Telecom Italia devrait, selon le professeur, «chercher à résoudre ses problèmes financiers en exploitant des marchés prometteurs comme le Brésil et l’Argentine».
Ces deux pays apparaissent comme le coin de ciel bleu dans les résultats du premier semestre. Alors que le chiffre d’affaires du groupe a baissé de 2,7% en organique à 13,76 milliards d’euros (-7,0% en données brutes), les ventes au Brésil ont progressé de 7,1% et celles en Argentine de 22,5% pour représenter 40% de l’activité de Telecom Italia. Sous le coup d’une provision pour dépréciation d’actifs de 2,2 milliards, le groupe affiche une perte nette semestrielle de 1,4 milliard.
Et le paysage italien a contraint Telecom Italia à abaisser son objectif d’excédent brut d’exploitation pour 2013, d’un repli attendu inférieur à 5% à une baisse voisine de 5%. Cet indicateur a cédé 10,6% au premier semestre à 5,2 milliards. Le groupe a confirmé son objectif d’un chiffre d’affaires stable et d’une dette nette inférieure à 27 milliards (28,8 milliards à fin juin).
Mais alors que S&P et Moody’s placent la note du groupe à un cran de la catégorie spéculative, Franco Bernabe n’a pas écarté le «possible risque» d’une dégradation.
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