Telecom Italia met son objectif de désendettement de côté
Telecom Italia était attendu sur sa dette. L’opérateur de télécoms a décidé de répondre par l’investissement. Le groupe italien a annoncé la semaine dernière vouloir moderniser ses réseaux en Italie et au Brésil, ses deux marchés, pour profiter d’une reprise attendue de la consommation. Un engagement qui peut surprendre. Le groupe portait encore 26,65 milliards d’euros de dette nette fin 2014, soit 3 fois son Ebitda.
A l’horizon 2017, Telecom Italia espère avoir réduit son effet de levier à 2,5 fois, alors qu’il s’était engagé il y a encore quelques mois à atteindre un ratio d’endettement de 2,1 fois en 2016.
Le timide réveil du marché italien, qui représente 70% du chiffre d’affaires total de l’opérateur, a incité Marco Patuano, l’administrateur délégué, à changer de pied. Depuis 2013, le rythme de baisse des revenus du groupe dans la téléphonie mobile en Italie s’est amélioré de trimestre en trimestre. Depuis la chute de 17,8% essuyée au deuxième trimestre 2013, la baisse s’est assagie à 5,1% au dernier trimestre 2014. Dans l’accès fixe à internet, la croissance, de retour depuis le deuxième trimestre 2014, s’est accélérée ces derniers mois.
Pour entretenir ce mouvement de redressement, Telecom Italia va investir 10 milliards d’euros, entre 2015 et 2017, dans ses réseaux en Italie, fixe et mobile, soit un milliard de plus que ce qui était prévu pour la période 2014-2016. Le groupe vise par exemple un million de clients supplémentaires à la fibre optique par rapport à ses projections précédentes. Son réseau mobile au Brésil sera également amélioré moyennant un budget d’investissement de l’ordre de 4 milliards d’euros en trois ans. Cette offensive va nécessairement peser sur les cash-flows. Ils devraient continuer à plier jusqu’en 2016, avant de repasser dans le courant de 2017 au-dessus des 3,8 milliards dégagés en 2014. Pour alléger la charge, Telecom Italia a prévenu qu’il ne distribuerait pas de dividende. Les tours qui portent les antennes mobiles seront mises en Bourse mais le groupe en gardera le contrôle.
Avec le fardeau de sa dette, Telecom Italia n’avait, il est vrai, aucune chance de jouer un rôle de consolidateur. Il a d’ailleurs échoué à racheter GVT à Vivendi l’an dernier. Mais en relançant son investissement et sa dynamique commerciale, le groupe peut en revanche espérer améliorer son profil et sa valeur alors que les marchés européen et brésilien n’ont pas encore achevé leur mouvement de concentration.
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