Telecom Italia doit rapidement décider d’une recomposition de son capital

America Movil a démenti toute négociation avec l’opérateur italien. Ce dernier tiendra un conseil d’administration le 19 septembre prochain
Yves-Marc Le Reour

Après avoir plusieurs fois refusé de trancher l’épineuse question de la recomposition de son capital, Telecom Italia devrait mettre un terme aux spéculations sur son avenir à l’occasion d’un conseil d’administration prévu le 19 septembre prochain. Compte tenu de l’importance des mouvements de consolidation qui animent le secteur, le temps presse désormais pour l’opérateur historique italien qui court un risque important de marginalisation en cas de statu quo.

Actionnaires de Telco, la holding qui détient 22,4% de Telecom Italia, les groupes financiers Mediobanca et Generali ont fait savoir qu’ils étaient disposés à vendre leurs participations, la banque Intesa Sanpaolo n’ayant pas dévoilé ses intentions. Ces investisseurs italiens peuvent mettre fin à un pacte arrivant normalement à échéance en 2015 à condition d’annoncer leur décision avant la fin du mois de septembre, la prochaine fenêtre de sortie étant fixée à août 2014.

Cité avec AT&T comme l’un des opérateurs étrangers susceptibles de faire partie d’un nouveau tour de table, America Movil, contrôlé par l’homme d’affaires mexicain Carlos Slim, a démenti hier toute négociation avec les actionnaires du groupe italien. L’opérateur mobile évitera ainsi une confrontation avec Telefonica, son principal concurrent en Amérique latine, qui est aussi actionnaire de Telecom Italia. Après avoir été éconduit l’an dernier, l’homme d’affaires égyptien Naguib Saouiris aurait de son côté repris contact avec l’opérateur transalpin, croit savoir le quotidien La Repubblica.

Lesté d’une dette nette de 28,8 milliards d’euros à fin juin, qui représente plus de 2,5 fois sa capitalisation boursière, Telecom Italia doit impérativement renforcer ses fonds propres pour éviter de voir sa note de crédit tomber en catégorie spéculative. Une levée de fonds sans l’aval préalable de ses actionnaires serait possible, mais elle se limiterait obligatoirement à 10% du capital. «Le milliard d’euros que Telecom Italia pourrait ainsi récolter serait bien loin des 7 à 8 milliards d’euros nécessaires pour renforcer sa structure de bilan», relèvent les analystes de la banque UBS. Dans l’attente d’un dénouement, l’action Telecom Italia a été suspendue hier après avoir grimpé de 8,4%.

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