Telecom Italia devrait mettre fin à sa structure de capital duale
Telecom Italia réfléchit à réorganiser son capital. L’opérateur de télécoms envisage de supprimer les actions préférentielles (savings shares) qui composent environ un tiers de son capital, aux côté des actions ordinaires. Selon Bloomberg, le groupe pourrait lancer une conversion qui lui permettrait de recevoir environ 500 millions d’euros en cash, les porteurs d’actions préférentielles devant prendre à leur charge la moitié de la différence de prix avec les actions ordinaires. Hier, les préférentielles cotaient 0,934 euro à la Bourse de Milan, contre 1,116 euro pour les titres ordinaires.
Interrogée par Bloomberg, la direction de Telecom Italia a indiqué ne pas avoir de plan formel actuellement. Mais en août, Marco Patuano, l’administrateur délégué de l’opérateur, avait reconnu devant les analystes que la structure était devenue un peu désuète et que le sujet pourrait être examiné dans le courant du second semestre.
A la différence des ordinaires, ces actions préférentielles sont dénuées de droit de vote. En revanche, elles garantissent à leurs porteurs un dividende chaque année, majoré par rapport au coupon ordinaire. Ainsi, si les actionnaires ordinaires de Telecom Italia n’ont pas touché de dividende pour 2013 et 2014, les détenteurs de titres préférentiels ont perçu 0,0275 euro à l’unité, se partageant au total 165 millions d’euros chaque année.
Pour Telecom Italia, le gain serait limité, face à 27 milliards d’euros de dette nette. Mais «les petites rivières font les grands fleuves», estiment les analystes crédit de Kepler Cheuvreux. Les actionnaires ordinaires actuels, Vivendi en tête, seraient dilués. Le groupe français détient 14,9% du capital. Les analystes de Goldman Sachs indiquent que le niveau de dilution potentiel ne peut être déterminé à ce stade, certains actionnaires ordinaires pouvant aussi détenir des actions préférentielles. Ces dernières ne sont régies par aucune contrainte de communication de détention.
Autorisés par une loi de 1974, ces titres étaient relativement courants en Italie. Le capital d’UniCredit est par exemple toujours constitué d’actions de classes différentes, tout comme celui d’Intesa. Mais la structure a eu tendance à disparaître progressivement. L’an dernier, RCS Mediagroup a converti ses actions préférentielles en titres ordinaires.
Plus d'articles du même thème
-
L’espoir autour de l’Iran prolonge l’euphorie des marchés
Wall Street avait un peu accusé le coup après la première réunion de la Fed sous Kevin Warsh mercredi. Si les investisseurs obligataires restent dubitatifs, la détente sur les prix de l’énergie synonyme de moindre inflation en cas de réouverture du détroit d’Ormuz pourrait soutenir encore un peu plus les actions et l’IA. -
Les patrons du CAC 40 ont besoin d’enrichir leurs compétences pour transformer l’entreprise
Dirigeants et administrateurs relèvent un décalage important entre les compétences du directeur général et celles nécessaires pour atteindre les objectifs stratégiques. Plus que les autres pays européens, les grandes entreprises françaises privilégient un patron issu de l’interne avec un profil très opérationnel. -
Pour ses cinq ans en France, Klarna veut être considérée comme une banque
Le champion du paiement fractionné suédois a une licence bancaire depuis 2017. Il veut convaincre les Français d'utiliser ses produits bancaires présents sur sa super-app rose.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
Contenu de nos partenaires
-
Tchao PantinAvec Rima Hassan et Bally Bagayoko, la « Nouvelle France » avance désormais sans Jean-Luc Mélenchon
Lors d’un meeting-concert dédié à la Palestine, qui avait lieu mercredi soir à Strasbourg, l’eurodéputée et le maire de Saint-Denis ont prouvé qu’ils n’avaient plus besoin du paterfamilias de LFI pour « abattre la citadelle » -
LogementLes propriétaires immobiliers enfin gagnants ?
Chose promise, chose due, le projet de loi Relance logement propose d’assouplir les conditions pour bénéficier du dispositif défiscalisant Jeanbrun. Il relâche aussi la pression sur le calendrier DPE d’interdiction de location -
Droit dans le murLogement : une loi pour bâtir plus vite, vraiment ?
Le grand projet de loi Relance logement, qui sera présenté mercredi 24 juin en Conseil des ministres et que l'Opinion a consulté, promet encore et toujours de simplifier les normes pour construire dans des délais plus brefs