Telecom Italia devrait mettre fin à sa structure de capital duale

Le groupe envisage de convertir ses actions préférentielles, garantissant un dividende, en titres ordinaires. Il ferait ainsi remonter du cash.
Olivier Pinaud

Telecom Italia réfléchit à réorganiser son capital. L’opérateur de télécoms envisage de supprimer les actions préférentielles (savings shares) qui composent environ un tiers de son capital, aux côté des actions ordinaires. Selon Bloomberg, le groupe pourrait lancer une conversion qui lui permettrait de recevoir environ 500 millions d’euros en cash, les porteurs d’actions préférentielles devant prendre à leur charge la moitié de la différence de prix avec les actions ordinaires. Hier, les préférentielles cotaient 0,934 euro à la Bourse de Milan, contre 1,116 euro pour les titres ordinaires.

Interrogée par Bloomberg, la direction de Telecom Italia a indiqué ne pas avoir de plan formel actuellement. Mais en août, Marco Patuano, l’administrateur délégué de l’opérateur, avait reconnu devant les analystes que la structure était devenue un peu désuète et que le sujet pourrait être examiné dans le courant du second semestre.

A la différence des ordinaires, ces actions préférentielles sont dénuées de droit de vote. En revanche, elles garantissent à leurs porteurs un dividende chaque année, majoré par rapport au coupon ordinaire. Ainsi, si les actionnaires ordinaires de Telecom Italia n’ont pas touché de dividende pour 2013 et 2014, les détenteurs de titres préférentiels ont perçu 0,0275 euro à l’unité, se partageant au total 165 millions d’euros chaque année.

Pour Telecom Italia, le gain serait limité, face à 27 milliards d’euros de dette nette. Mais «les petites rivières font les grands fleuves», estiment les analystes crédit de Kepler Cheuvreux. Les actionnaires ordinaires actuels, Vivendi en tête, seraient dilués. Le groupe français détient 14,9% du capital. Les analystes de Goldman Sachs indiquent que le niveau de dilution potentiel ne peut être déterminé à ce stade, certains actionnaires ordinaires pouvant aussi détenir des actions préférentielles. Ces dernières ne sont régies par aucune contrainte de communication de détention.

Autorisés par une loi de 1974, ces titres étaient relativement courants en Italie. Le capital d’UniCredit est par exemple toujours constitué d’actions de classes différentes, tout comme celui d’Intesa. Mais la structure a eu tendance à disparaître progressivement. L’an dernier, RCS Mediagroup a converti ses actions préférentielles en titres ordinaires.

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