TCI relance le débat sur la place de Dassault chez EADS
TCI garde le secteur français de la défense dans son viseur. Après avoir vivement critiqué la politique d’acquisitions de Safran l’an dernier, le fonds activiste britannique s’en prend de nouveau aux liens entre EADS et Dassault Aviation.
Dans une lettre adressée le 13 septembre à Tom Enders, le président d’EADS, Ben Walker, l’un des associés de TCI, propose que le groupe d’aéronautique distribue à ses actionnaires, sous forme de dividende, la part de 46% qu’il détient au capital de Dassault Aviation. «Cette solution permettrait de ne pas avoir à céder cette participation à un prix inintéressant», explique TCI. Selon lui, elle serait plus rapide à mettre en œuvre qu’une cession pure et simple et elle respecterait les dispositions du pacte conclu cet été entre Dassault Aviation, EADS et l’Etat français. La publication de cette lettre suit un rendez-vous organisé le 11 septembre avec Harald Wilhelm, le directeur financier d’EADS.
Le hedge fund avait déjà écrit à Tom Enders au début du mois d’août pour lui demander de vendre les actions Dassault Aviation. Héritée de la réorganisation du secteur français de la défense à la fin des années 90, cette participation brouille l’image d’EADS auprès des investisseurs et n’apporte aucune synergie industrielle, fustige TCI. Le programme Eurofighter d’EADS est même en concurrence frontale avec le Rafale de Dassault Aviation.
Dans l’absolu, EADS n’est pas opposé à un projet qui permettrait de simplifier sa structure. La direction du groupe a évoqué la demande de TCI avec l’Etat français, actionnaire d’EADS à hauteur de 12%. Mais la «concertation», selon le terme employé chez le fabricant d’Airbus, n’est qu’à un stade très préliminaire.
Si elle a peu de chance d’aboutir à court terme compte tenu du caractère hautement politique de l’affaire, l’offensive de TCI a le mérite de reposer la question de l’organisation de l’industrie française de la défense, répartie entre Dassault, EADS et Thales. En avril, la Cour des comptes s’était étonnée du rôle pivot joué par Dassault Aviation alors que l’Etat a perdu son contrôle sur la société, avec le risque implicite lors de la succession dans la famille Dassault. Le pacte signé en juin 2013 lui a depuis redonné un peu de pouvoir. L’Etat dispose d’un droit de première offre sur la part d’EADS au capital de Dassault Aviation, d’un droit de premier refus en cas de cession des titres en Bourse et d’un accord sur la politique de vote en AG.
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