Syngenta tire parti du regain d’intérêt présumé de Monsanto
Les investisseurs ont fait grimper hier l’action Syngenta de 8,1% à 339,9 francs suisses, sa plus forte hausse journalière en six ans, en réaction aux informations de Bloomberg selon lesquelles Monsanto a récemment relancé le groupe helvétique en vue d’une OPA. Citant des sources proches du dossier, l’agence précise que cette nouvelle manifestation d’intérêt survient «près d’un an après une première tentative inaboutie».
Le groupe suisse, dont la capitalisation boursière équivaut à 33,8 milliards de dollars, contre plus de 149 milliards pour son homologue américain, craindrait toujours qu’un tel rapprochement se heurte à des obstacles réglementaires significatifs.
Alors que Syngenta est le premier fabricant mondial de produits phytosanitaires, son concurrent américain est leader dans les semences, dominant notamment le marché du maïs et du soja génétiquement modifiés. Selon les analystes de Liberum, l’acquisition du groupe helvétique permettrait à Monsanto de se renforcer en dehors du continent américain. Mais «les chevauchements d’activité les plus importants concerneraient les herbicides en Amérique du Nord et en Amérique latine, ainsi que les semences aux Etats-Unis et au Canada», relève le bureau d’analyse de Morgan Stanley.
Des cessions d’actifs à des concurrents comme Bayer, BASF, DuPont ou Dow Chemical, seraient donc indispensables pour contenter les autorités antitrust américaines. Ces dernières ont mis fin en 2012 à une enquête ouverte sur Monsanto sur lequel pesaient des soupçons de comportement anticoncurrentiel. Si les négociations menées l’an dernier ont envisagé la possibilité de transférer le domicile fiscal du groupe américain en Suisse en raison d’un taux d’imposition plus faible qu’aux Etats-Unis, l’utilisation de ce mécanisme d’inversion fiscale est désormais bien plus étroitement surveillée outre-Atlantique.
Ces rumeurs de fusion font suite aux médiocres chiffres trimestriels publiés le mois dernier par Syngenta. Pénalisé par «la force du dollar face à l’euro et à la plupart des autres monnaies», le chiffre d’affaires publié a chuté de 14% à 4 milliards de dollars (3,73 milliards d’euros), 6% en dessous du consensus. Ses ventes sont restées inchangées en monnaies constantes. Le groupe a maintenu pour l’ensemble de l’exercice sa prévision d’un chiffre d’affaires stable à taux de change constants et d’un excédent brut d’exploitation similaire à celui de 2014 après impact des devises.
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