Syngenta tente d’apaiser ses actionnaires
Syngenta pense avoir trouvé le moyen d’apaiser ses actionnaires, dont certains lui avaient demandé des comptes après le rejet de l’offre d’achat à 45 milliards de francs suisses du numéro un mondial des semences, Monsanto.
Le spécialiste helvétique des pesticides a annoncé hier deux initiatives pour «accélérer la création de valeur pour les actionnaires». Il prévoit un programme de rachat d’actions supérieur à 2 milliards de dollars, qui devrait être lancé dans les semaines qui viennent. Syngenta n’a pas donné de détails sur l’opération.
Cette mesure sera financée par la vente de son activité de semences potagères. John Ramsay, le directeur financier de l’entreprise, estime être en mesure de la vendre entre trois et six fois son chiffre d’affaires. Elle a réalisé un chiffre d’affaires de 663 millions de dollars en 2014, ce qui donne une valeur comprise entre 2 et 4 milliards de dollars. Les analystes ne partagent pas nécessairement cet optimisme et affichent des valeurs plutôt comprises entre 1,5 et 3 milliards de dollars.
Un tel multiple n’est guère surprenant. Les semences potagères sont le segment le plus rentable des activités de semences de Syngenta. En 2014, la division a réalisé une marge brute supérieure à 60%, alors que l’ensemble des semences a affiché une marge proche de 45%. Pourtant, John Ramsay affirme qu’une vente est le meilleur moyen de tirer profit de cette activité. «Ni le marché, ni l’offre de Monsanto ne reconnaissent correctement la valeur fondamentale de nos actifs dans les semences potagères», a-t-il indiqué. En outre, les synergies avec les pesticides sont limitées: ceux-ci sont généralement destinés à être épandus sur des végétaux cultivés dans des champs en plein air, tandis que les semences potagères sont utilisées sous serre.
Si ces mesures ne parvenaient pas à redresser la rentabilité du groupe ni le prix de l’action, Syngenta envisagerait alors des partenariats à travers la mise en place de sociétés communes, voire la vente de l’ensemble de ses activités de semences. Ce qui en soit n’est pas une surprise. En effet, Monsanto avait déjà indiqué qu’en cas de succès de son offre, il aurait cédé l’ensemble de ce pôle. Des groupes comme BASF ou Bayer font office de candidats potentiels.
Alors qu’ils avaient sanctionné le titre Syngenta lors de l’échec de l’offre de Monsanto, les investisseurs ont cette fois salué l’initiative: il s’est adjugé 3,5% à 338,2 francs.
Plus d'articles du même thème
-
L’espoir autour de l’Iran prolonge l’euphorie des marchés
Wall Street avait un peu accusé le coup après la première réunion de la Fed sous Kevin Warsh mercredi. Si les investisseurs obligataires restent dubitatifs, la détente sur les prix de l’énergie synonyme de moindre inflation en cas de réouverture du détroit d’Ormuz pourrait soutenir encore un peu plus les actions et l’IA. -
Les patrons du CAC 40 ont besoin d’enrichir leurs compétences pour transformer l’entreprise
Dirigeants et administrateurs relèvent un décalage important entre les compétences du directeur général et celles nécessaires pour atteindre les objectifs stratégiques. Plus que les autres pays européens, les grandes entreprises françaises privilégient un patron issu de l’interne avec un profil très opérationnel. -
Pour ses cinq ans en France, Klarna veut être considérée comme une banque
Le champion du paiement fractionné suédois a une licence bancaire depuis 2017. Il veut convaincre les Français d'utiliser ses produits bancaires présents sur sa super-app rose.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
Contenu de nos partenaires
-
Tchao PantinAvec Rima Hassan et Bally Bagayoko, la « Nouvelle France » avance désormais sans Jean-Luc Mélenchon
Lors d’un meeting-concert dédié à la Palestine, qui avait lieu mercredi soir à Strasbourg, l’eurodéputée et le maire de Saint-Denis ont prouvé qu’ils n’avaient plus besoin du paterfamilias de LFI pour « abattre la citadelle » -
LogementLes propriétaires immobiliers enfin gagnants ?
Chose promise, chose due, le projet de loi Relance logement propose d’assouplir les conditions pour bénéficier du dispositif défiscalisant Jeanbrun. Il relâche aussi la pression sur le calendrier DPE d’interdiction de location -
Droit dans le murLogement : une loi pour bâtir plus vite, vraiment ?
Le grand projet de loi Relance logement, qui sera présenté mercredi 24 juin en Conseil des ministres et que l'Opinion a consulté, promet encore et toujours de simplifier les normes pour construire dans des délais plus brefs