Suez Environnement passe devant son grand concurrent Veolia
La confraternité empêche Jean-Louis Chaussade, le PDF de Suez Environnement, de commenter la situation de son grand concurrent français Veolia Environnement. La Bourse n’a pas la même retenue. Hier, la capitalisation boursière de Suez distançait de près de 200 millions d’euros celle de Veolia (7,1 milliards contre 6,9 milliards) alors que le groupe dégage quasiment deux fois moins de chiffre d’affaires que son concurrent.
Si Veolia est toujours miné par une lutte intestine au sein de son conseil d’administration, mais aussi par la négociation de son plan de départs dans sa division d’eau en France, Suez se dit aujourd’hui correctement configuré pour profiter du retour progressif de la croissance en Europe, qui reste son premier marché avec 71% de son chiffre d’affaires, dont 36% rien qu’en France. L’an dernier, malgré la baisse de 3% du chiffre d’affaires consolidé, à 14,6 milliards d’euros, l’Ebitda a rebondi de 2,9%, à 2,5 milliards. Le plan d’économies d’un montant de 180 millions d’euros en 2013 se traduit donc dans les comptes. Suez Environnement profite aussi d’une amélioration des conditions opérationnelles dans l’eau en France où, en plus de la baisse des volumes, les tarifs sont mis sous pression du fait du nombre important de contrats en renégociation avec les collectivités locales.
«Lors des renouvellements, les prix avaient baissé de 8% en 2012 après des baisses de 11% au cours des deux années précédentes. Ils sont restés stables en 2013», explique Jean-Marc Boursier, le directeur financier de Suez. Deux fois plus petit que Veolia dans l’eau en France, le groupe souffre moins que son concurrent de la situation. Veolia annoncera ses résultats annuels jeudi prochain.
Pour contrer cette déflation, Suez et Veolia ont réfléchi à un rapprochement en 2012 avant de renoncer. Malgré des rumeurs récurrentes, «le dossier n’a pas été rouvert depuis», assure Jean-Louis Chaussade. Pour nourrir la croissance de ses bénéfices, le groupe préfère désormais se tourner vers l’investissement, à la fois dans les pays émergents mais aussi en Europe en fonction des opportunités, alors que des signes de stabilisation sur le marché européen des déchets se font sentir depuis le début de l’année.
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