STMicroelectronics redouble de prudence après un début de ralentissement de ses commandes

L’objectif d’une marge d’exploitation à 10% est repoussé à la mi-2015, soit un décalage de six mois par rapport à la prévision antérieure
Yves-Marc Le Reour

Malgré la forte diminution au troisième trimestre des coûts opérationnels de STMicroelectronics (-19% en rythme séquentiel), les principaux indicateurs financiers du fabricant de semi-conducteurs ont déçu les investisseurs. Le titre a en conséquence terminé la séance d’hier sur une chute de 8,9% à 5,8 euros.

Le chiffre d’affaires a reculé de 7,1% à 2,01 milliards de dollars en rythme annuel, sous l’effet conjugué de cessions d’actifs (notamment Global Navigation satellite System) et du démantèlement en août de ST-Ericsson, sa coentreprise dans les puces pour mobiles avec l’équipementier télécoms suédois. D’un trimestre sur l’autre, le repli de l’activité s’élève à 1,6%.

«Au troisième trimestre, nous avons enregistré un début de ralentissement des prises de commandes, excepté dans le segment des produits pour l’automobile», commente le PDG Carlo Bozotti. «Nous pensons que cette situation est le reflet d’une correction de la demande sur le marché des semi-conducteurs», ajoute celui-ci, en faisant état d’une «faiblesse du marché des smartphones et du marché de masse, y compris les décodeurs numériques pour télévision par câble dans certains pays».

La marge brute de 32,4% est ressortie inférieure d’un point au consensus et la perte nette atteint 142 millions, alors que les analystes tablaient sur un résultat négatif de 21 millions. Le bureau d’analyse d’Oddo Securities note par ailleurs que «la consommation de cash a été importante sur le trimestre avec une trésorerie nette au bilan s’établissant à 739 millions de dollars à fin septembre, contre 954 millions au 30 juin».

Si le cash flow libre devrait être positif au quatrième trimestre, les perspectives fournies par le groupe sont très prudentes avec un chiffre d’affaires attendu stable en rythme séquentiel, accompagné d’une marge brute en hausse de 60 points de base sur cette même base. Compte tenu des conditions de marché moins favorables, la marge d’exploitation, qui s’élève à 2,7% au troisième trimestre, devrait également se redresser plus lentement que prévu.

L’objectif de 10% ne sera ainsi vraisemblablement pas atteint fin 2014, mais plutôt «à la mi-2015». Selon Bernd Laux, analyste chez Kepler Cheuvreux, cet objectif «constitue un vœu pieux à ce stade» et il sera impossible à atteindre en l’absence d’une amélioration des prises de commandes.

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