STMicroelectronics redouble de prudence après un début de ralentissement de ses commandes
Malgré la forte diminution au troisième trimestre des coûts opérationnels de STMicroelectronics (-19% en rythme séquentiel), les principaux indicateurs financiers du fabricant de semi-conducteurs ont déçu les investisseurs. Le titre a en conséquence terminé la séance d’hier sur une chute de 8,9% à 5,8 euros.
Le chiffre d’affaires a reculé de 7,1% à 2,01 milliards de dollars en rythme annuel, sous l’effet conjugué de cessions d’actifs (notamment Global Navigation satellite System) et du démantèlement en août de ST-Ericsson, sa coentreprise dans les puces pour mobiles avec l’équipementier télécoms suédois. D’un trimestre sur l’autre, le repli de l’activité s’élève à 1,6%.
«Au troisième trimestre, nous avons enregistré un début de ralentissement des prises de commandes, excepté dans le segment des produits pour l’automobile», commente le PDG Carlo Bozotti. «Nous pensons que cette situation est le reflet d’une correction de la demande sur le marché des semi-conducteurs», ajoute celui-ci, en faisant état d’une «faiblesse du marché des smartphones et du marché de masse, y compris les décodeurs numériques pour télévision par câble dans certains pays».
La marge brute de 32,4% est ressortie inférieure d’un point au consensus et la perte nette atteint 142 millions, alors que les analystes tablaient sur un résultat négatif de 21 millions. Le bureau d’analyse d’Oddo Securities note par ailleurs que «la consommation de cash a été importante sur le trimestre avec une trésorerie nette au bilan s’établissant à 739 millions de dollars à fin septembre, contre 954 millions au 30 juin».
Si le cash flow libre devrait être positif au quatrième trimestre, les perspectives fournies par le groupe sont très prudentes avec un chiffre d’affaires attendu stable en rythme séquentiel, accompagné d’une marge brute en hausse de 60 points de base sur cette même base. Compte tenu des conditions de marché moins favorables, la marge d’exploitation, qui s’élève à 2,7% au troisième trimestre, devrait également se redresser plus lentement que prévu.
L’objectif de 10% ne sera ainsi vraisemblablement pas atteint fin 2014, mais plutôt «à la mi-2015». Selon Bernd Laux, analyste chez Kepler Cheuvreux, cet objectif «constitue un vœu pieux à ce stade» et il sera impossible à atteindre en l’absence d’une amélioration des prises de commandes.
Plus d'articles du même thème
-
La Zambie relève son offre pour le rachat des obligations 2053
La fronde de certains créanciers a contraint le pays à relever l’offre sur les obligations émises lors de la restructuration de 2024, indexées sur des critères économiques. -
L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
Avec une valorisation demandée de 1.750 milliards de dollars, l'entreprise d'Elon Musk s'apprête à pulvériser tous les records pour son entrée sur le Nasdaq. La mise à feu boursière pourrait intervenir dès le 12 juin. De premières et rares voix se font entendre, à l'image de Morningstar qui aboutit à une valorisation sensiblement inférieure. -
Le marché du gaz naturel livre ses paradoxes
Les cours du gaz naturel ne progressent pratiquement plus en Europe et en Asie depuis des semaines, grâce aux espoirs sur l’ouverture du détroit d’Ormuz et une demande jusque-là contenue. Les hedge funds font le pari d’une normalisation des prix au second semestre. Mais tous les analystes ne sont pas d’accord.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond en mai
- TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
- Atalian s’apprête à passer sous le contrôle de ses créanciers
- Le Crédit Mutuel vante la banque à réseau pour concéder l'inévitable passage au digital
- Berkshire Hathaway mise sur la promotion immobilière résidentielle
- Novobanco galvanise les ambitions de BPCE
Contenu de nos partenaires
-
Résidents de la RépubliqueLa « nouvelle France », le poison identitaire de Jean-Luc Mélenchon
Avec ce slogan comme arme de mobilisation massive et la ville de Saint-Denis comme laboratoire à ciel ouvert, Jean-Luc Mélenchon croit avoir trouvé son « on est chez nous » d’extrême gauche pour 2027 -
Appel au calmePour Donald Trump, la sortie du bourbier iranien passe par une nouvelle trêve au Liban
La spirale de violence au Liban a convaincu le président américain de pousser à un nouveau cessez-le-feu, alors que Téhéran menace de mettre fin aux négociations avec Washington -
EditorialServitude, égalité, fiscalité : l'effroyable utopie de Thomas Piketty
Pour justifier une construction folle ciselée pour exalter l'internationale gauchiste, l'auteur célébré du Capital au XXIe siècle évoque une utopie. N'en croyez rien !