STMicro s’attend à une poursuite de la détérioration du marché des semi-conducteurs
Alors que STMicroelectronics anticipait cet été un ralentissement «temporaire» de la demande, les perspectives brossées hier lors de la présentation de ses résultats trimestriels sont désormais nettement plus défavorables pour les prochains mois. S’il table encore pour l’ensemble de l’exercice sur une croissance de son chiffre d’affaires et du bénéfice d’exploitation «dans plusieurs activités, notamment l’automobile et les microsystèmes électromécaniques», la chute de l’activité et de la marge brute enregistrée au troisième trimestre se poursuivra d’ici à la fin de l’année. L’action a chuté de 7,9% hier pour clôturer à 5 euros, ce qui constitue la plus forte baisse du CAC 40, lui-même en repli de 1,4%.
A fin septembre le chiffre d’affaires a reculé de 8% en rythme annuel et de 4,9% d’un trimestre sur l’autre à 2,44 milliards de dollars, le groupe affichant une perte d’exploitation avant coûts de restructuration de 13 millions dans un environnement de marché «difficile». La baisse séquentielle du chiffre d’affaires au quatrième trimestre sera «de l’ordre de 8% dans une fourchette comprise entre 2,15 et 2,3 milliards de dollars» avec une marge brute d’environ 33,5%, à comparer à 35,8% à fin septembre et 38,1% à fin juin.
Ce recul de l’activité contraste avec la hausse saisonnière habituelle de 7% qui aurait dû être enregistrée, relève le bureau d’analyse d’Oddo Securities. Celui-ci note également une situation de trésorerie nette moins confortable au troisième trimestre (0,8 milliard de dollars contre 1,1 milliard à fin juin), ce qui résulte «des lourdes pertes d’exploitation de la coentreprise ST-Ericsson (-200 millions de dollars) et d’investissements industriels toujours significatifs (400 millions)».
«La demande sur le marché est faible et la situation macro-économique est incertaine», constatent les analystes de Banco Santander. Si STMicro ne fait aucun commentaire sur l’exercice 2012, la confirmation d’un retournement de cycle dans l’industrie n’est pas de bon augure pour le premier trimestre de l’an prochain. Les propos du concurrent Texas Instruments, qui a fait état quelques heures plus tôt d’une «demande molle mais proche du bas de cycle pour les composants électroniques», devraient être insuffisants pour rassurer le marché à court terme.
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