Steinhoff conforte ses ambitions internationales
En attendant son introduction en Bourse à Francfort, Steinhoff International cultive son appétit de croissance. Le groupe d’ameublement sud-africain – propriétaire notamment de Conforama – a annoncé hier l’acquisition de 92,3% du capital de son compatriote Pepkor Holdings, spécialisé dans l’habillement, l’équipement de la maison et les produits numériques d’entrée de gamme.
La somme déboursée fait de l’acquisition la plus importante du secteur en Afrique: 62,8 milliards de rands, soit 4,6 milliards d’euros. Les termes de la transaction valorisent la totalité de la cible à 73,4 milliards de rands (dette comprise), soit 18,4 fois son Ebitda 2014. La transaction sera payée comptant et en actions nouvelles.
Alors que Steinhoff a réalisé 74% de ses revenus et 90% de son bénéfice opérationnel en dehors d’Afrique du Sud au cours de l’exercice 2013-2014 (clos fin juin), l’acquisition de Pepkor lui permet de se renforcer dans le discount, segment qui a connu une forte progression ces dernières années en Afrique et dont l’enseigne Pep est la première sur le continent.
En outre, Pepkor permet à Steinhoff de croître sur des marchés internationaux prometteurs, comme la Pologne (où l’enseigne Pepco est le premier distributeur non alimentaire), l’Australie et les pays périphériques de la République sud-africaine. L’Australie et l’Europe centrale représentent respectivement 23% et 9% des 38,2 milliards de rand de chiffre d’affaires de Pepkor. Enfin, Steinhoff souligne la gestion efficace de la cible, dont 69% de son Ebitda après investissements se convertit en trésorerie.
Toutefois, les analystes soulignent que les différences entre les deux groupes (Steinhoff n’est présent ni dans l’habillement, ni dans l’équipement électronique) vont compliquer l’intégration de Prepkor.
Il est difficile de ne pas voir dans l’opération l’influence de Christo Wiese, la cinquième fortune d’Afrique du Sud. Il est le principal actionnaire de Pepkor, à travers Titan Premier Investments (qui en contrôle 52,5%). Le deuxième actionnaire, la société d’investissement cotée Brait Mauritius, vend également la totalité de ses parts dans Pepkor, soit 37%: Christo Wiese en est l’un des actionnaires. Il est également actionnaire de Steinhoff et, au terme de l’opération, devrait détenir via ses holdings 20% du groupe. Des 10,5% détenus par les dirigeants de Pepkor, 2,8% sont acquis et 7,7% seront convertis en actions Steinhoff.
Plus d'articles du même thème
-
« La dynamique des bénéfices reste le principal moteur des marchés »
Laurent Denize, directeur des investissements chez Oddo BHF AM -
«Le mouvement baissier sur les taux Bunds nous semble inéluctable, le débat porte sur le rythme»
Julien Petit, responsable de la gestion crédit & absolute return chez Arkéa AM. -
«Croissance et inflation limitent le potentiel de dépréciation du dollar à court terme»
Amélie Derambure, responsable de stratégies d’investissement multi-actifs chez Amundi.
ETF à la Une
VanEck lance un ETF sur les infrastructures d'électrification
- TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
- Atalian s’apprête à passer sous le contrôle de ses créanciers
- Le Crédit Mutuel vante la banque à réseau pour concéder l'inévitable passage au digital
- Berkshire Hathaway mise sur la promotion immobilière résidentielle
- Novobanco galvanise les ambitions de BPCE
Contenu de nos partenaires
-
Question 9Bourse : faut-il sortir de la tech et de l’IA ?
L'engouement boursier pour l'IA interroge sur le risque d'une bulle financière. La diversification reste recommandée pour limiter la concentration de son patrimoine -
TribuneAffaire Lyhanna : « Il est temps de retrouver le lien entre la justice et les citoyens » – par Alain Bauer
« La parole des enfants n’est plus prise en compte par défaut. Au contraire, une présomption de mensonge prend le dessus et le principe de précaution pour préserver le système politico-judiciaire d’une nouvelle crise majeure dépasse la préoccupation essentielle de protection des enfants » -
Tour de visSécurité sociale : clap de fin pour le mythe de la gratuité des soins
Face à l’envolée des dépenses publiques, une « prise de conscience est indispensable », plaide le ministre des Comptes publics David Amiel