Spie et Europcar vont tester l’hospitalité de la Bourse de Paris
Seconde tentative pour Spie. Après avoir dû rebrousser chemin en octobre 2014, le groupe de services techniques dans l’énergie ou les télécoms a enregistré hier son document de base actualisé auprès de l’AMF, relançant ainsi le processus. Spie vise une cotation avant l'été. Fin 2014, le groupe comptait lever autour de 700 millions d’euros via une augmentation de capital, tandis que les actionnaires (Clayton Dubilier & Rice, Ardian et la Caisse de dépôt du Québec) voulaient céder une partie de leurs titres. La valorisation proposée, dans un marché compliqué, n’avait pas séduit les investisseurs.
Quelques mois plus tard, Spie pourra s’appuyer sur ses résultats 2014 pour tenter de convaincre les investisseurs de la solidité de son modèle. Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 5,22 milliards d’euros en 2014 (+14,5% et stable en comparable), une marge d’Ebita de 6,4% (+0,2 point en proforma), et un ratio dette nette sur Ebitda réduit de 3,9 fois à 3,4 fois. Le ratio devrait tomber à 2,5 fois fin 2015 grâce à l’augmentation de capital lancée lors de l’IPO. Pour 2015, Spie vise une production de 5,4 à 5,5 milliards, et une hausse de plus de 0,1 point de sa marge d’Ebita. Sur 2016-2018, Spie table sur une croissance annuelle moyenne de sa production de 5 à 7%, dont 2% à 3% de croissance organique, auxquels s’ajouteront 200 millions d’euros de production annuelle apportée par les acquisitions. Sur la période, la marge d’Ebita est attendue en hausse de 10 à 20 points de base par an.
De son côté, Europcar présente ce matin les modalités de son entrée en Bourse, qui comprend une augmentation de capital et une cession d’une partie des titres d’Eurazeo. Le loueur de véhicules table sur une croissance organique annuelle de 3 à 5% de ses ventes de 2015 à 2017, tandis que la marge d’Ebitda devrait passer de 10,8% en 2014 à 13% en 2017. La biotech Abivax, qui développe un traitement de l’hépatite B et du Sida, s’apprête à aussi rejoindre Euronext.
Le défi est de taille pour Spie et Europcar, alors que Labco la semaine dernière, et Solairedirect fin avril, ont renoncé à entrer en Bourse, le premier invoquant des conditions de marché «particulièrement volatiles». Les spécificités juridiques liées à la structure et au métier de Labco, et le modèle particulier du producteur d’énergie solaire, ont aussi joué dans la réticence des investisseurs.
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