Sony continue de subir les turbulences faute de plan de bataille conquérant
De mal en pis. Sony a de nouveau hier distillé un lot de mauvaises nouvelles, passant par un abaissement des prévisions annuelles à fin mars prochain. Face à la concurrence, particulièrement du sud-coréen Samsung et de l’américain Apple, ou au ralentissement de l’économie mondiale, le groupe japonais semble pour l’heure en peine d’inspiration pour espérer retrouver l’esprit de son âge d’or, symbolisé par le walkman dans les années 80 ou la première console de jeux Play Station dans les années 90. Le nouveau directeur général du groupe japonais, Kazuo Hirai, reste désarmé après l’annonce à son arrivée en avril d’un plan de 10.000 suppressions de postes, soit 6% des effectifs, et de promesses de recentrage notamment sur les portables, le jeu ou le médical. «On ne fait pas la révolution en un jour», reconnaissait hier un gérant japonais.
Sur le trimestre écoulé, le chiffre d’affaires affiche un gain en trompe-l’œil de 1,4% à 1.515 milliards de yens. Hors intégration de l’activité de téléphones portables auparavant détenue à parité avec Ericsson, les ventes baissent de 7%, notamment du fait de ventes de téléviseurs décevantes. Le résultat d’exploitation a fondu de 27,5 à 6,3 milliards de yens, et la perte nette s’est creusée de 15,5 à 24,6 milliards, sous le coup de la vigueur du yen et des charges de restructuration (attendues à 75 milliards sur l’exercice). Le concurrent nippon Sharp, certes, n’est pas mieux loti: il a affiché une perte opérationnelle de 94 milliards sur le trimestre et prévoit également de réduire ses effectifs.
Ce marasme a incité Sony à revoir à la baisse ses ambitions annuelles. Sur la base de réduction de prévisions de ventes pour plusieurs produits clés (comme les téléviseurs ou les consoles de jeu), d’un ajustement du taux de change moyen attendu contre euro (à 100 yens pour un euro contre 105, la parité avec le dollar étant maintenue à 80), Sony a revu à la baisse de 8% sa prévision de chiffre d’affaires à 6.800 milliards. Le Vieux Continent représente un cinquième de l’activité du géant de l’électronique. L’objectif de résultat opérationnel a été abaissé de 180 à 130 milliards et celui de résultat net de 30 à 20 milliards. Sony croit encore pouvoir éviter un cinquième exercice consécutif en perte nette, mais la marge se réduit comme peau de chagrin. Sur l’exercice à fin mars dernier, la perte avait atteint le record de 455 milliards de yens.
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