Solocal met ses covenants bancaires sous pression
Lourde sanction boursière pour Solocal Group qui a cédé hier 16,6% à 1,40 euro. Depuis le début de l’année, le titre chute de 25,1%. Les investisseurs ont vivement réagi à la publication de résultats trimestriels décevants, et plus encore, à des prévisions médiocres pour 2014. Au troisième trimestre, le chiffre d’affaires du groupe de communication locale (édition, média, conseil et régie publicitaire) a reculé de 9,4% pour ressortir à 249,1 millions d’euros.
Le déclin du papier et la déconsolidation des activités internationales ont pesé sur les annuaires imprimés (-22% à 88,7 millions d’euros), tandis que l’activité internet n’a progressé que de 0,1%, à 154,9 millions d’euros. Dans le même temps, le résultat d’exploitation s’est replié de 15,2% à 97,7 millions d’euros. A la suite de ce trimestre décevant, le groupe table désormais sur un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros cette année (soit une baisse de 6% contre une fourchette de -3% à -5% précédemment) et une marge brute opérationnelle de 420 millions d’euros (contre 425 à 445 millions auparavant).
Les projections pour 2014 n’ont pas été de nature à rassurer les investisseurs, bien au contraire. Ces objectifs sont «pires que prévu», soulignent les analystes de Gilbert Dupont qui abaissent de 24% leur estimation de bénéfice par action. Solocal s’attend à un recul de son chiffre d’affaires compris entre 3% et 6%, là où le consensus prévoit un recul de 2%, et à une marge opérationnelle située entre 355 et 375 millions d’euros (consensus de 400 millions). Chez Gilbert Dupont, on rappelle les investissements dans le plan Digital 2015 (170 millions d’euros sur trois ans), tandis que Natixis relève que «certains éléments non cash altèrent la lecture de cette guidance».
Le groupe a réduit son endettement net, à 1,61 milliard d’euros fin septembre (à 3,74 fois la marge brute), et indique disposer d’une marge de 6% sur ses covenants bancaires. «Mais la question devra se poser pour le futur, d’autant plus que la guidance 2014 semble prudente sur la marge opérationnelle, ce qui pourrait mettre en danger les covenants...», s’inquiète Natixis.
Kepler Cheuvreux estime même que le groupe se dirige vers un bris de covenant en fin d’année. Et d’ajouter : «toutefois, un refinancement ne sera pas suffisant à lui seul si la monétisation en ligne ne s’améliore pas».
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