Soitec mise sur l’effet de levier du solaire pour atteindre ses objectifs

Le résultat opérationnel courant sera négatif sur l’exercice en cours à la suite des incertitudes liées à la montée en charge de son contrat californien.
Yves-Marc Le Réour

Soitec réitère ses perspectives à moyen terme mais se montre prudent pour son exercice finissant le 31 mars prochain. S’il a contenu la perte opérationnelle courante de sa division électronique à 12 millions d’euros au premier semestre, celle du segment solaire a encore augmenté pour atteindre 53,5 millions, malgré une forte hausse du chiffre d’affaires sur ce marché. En intégrant les coûts de lancement de l’activité éclairage, la perte opérationnelle courante de 74,4 millions est conforme aux attentes du groupe.

L’incertitude sur le calendrier de la montée en charge de l’usine solaire de San Diego (150 MW) conduit Soitec à prévoir un résultat opérationnel courant négatif sur l’ensemble de l’exercice 2014-2015, en dépit d’une «forte réduction» de cette perte au second semestre. Pour cette usine californienne, les analystes de Bryan Garnier anticipent «un taux d’utilisation des capacités de production de 59% au second semestre contre 12% au premier». Le résultat opérationnel courant du groupe devrait être positif en 2015-2016 et il anticipe toujours un doublement de son chiffre d’affaires à cette échéance par rapport à 2012-2013.

Contrairement au silicium, la technologie CPV (photovoltaïque à concentration) développée par Soitec n’entraîne aucune dégradation de la qualité des modules utilisés à long terme (20 à 25 ans), ce qui permet de préserver la valeur finale des actifs et d’augmenter le taux de rentabilité interne des projets. Son efficacité est optimale pour des centrales de grande taille dans les régions à fort ensoleillement, ce qui conduit le groupe à cibler certaines zones géographiques (Sud de la France, Etats-Unis, Afrique, Proche-Orient, Chine…).

Au 30 septembre dernier, sa trésorerie disponible était quasiment stable à 43,9 millions d’euros par rapport à fin mars 2014. Elle devrait s’améliorer sur les 12 prochains mois, tout en restant inférieure à 100 millions d’euros. «La trésorerie d’exploitation est ressortie positive à hauteur de 24,6 millions grâce à une amélioration de 60 millions du BFR suite aux encaissements liés au projet de centrale solaire de Touwsrivier en Afrique du Sud», relève Bryan Garnier. Si la dette nette a été réduite de 36% à 135,8 millions sur le semestre écoulé, elle représente encore 81% des fonds propres. Le groupe reste donc «attentif aux opportunités pouvant lui permettre d’accroître ses liquidités grâce à une monétisation de ses actifs et d’autres opérations de financement».

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