Soitec fait financer par le marché sa croissance dans l’énergie solaire

A l’issue d’une augmentation de capital de 182 millions d’euros au maximum, le FSI devrait rentrer au capital à hauteur de 2,74 % initialement
Yves-Marc Le Reour

Les craintes émises en début de semaine par les analystes de Natixis sur un possible appel au marché de Soitec étaient justifiées. Le spécialiste des plaques de silicium sur isolant a lancé une augmentation de capital d’un montant brut minimum de 150 millions d’euros. Le produit de l’opération «pourra atteindre 182 millions d’euros» en cas d’actions supplémentaires émises au titre de l’ensemble des instruments financiers existants donnant accès au capital de la société (options de souscription d’actions, BSAAR ou Oceane).

La souscription «sera ouverte du 1er au 12 juillet au prix de 4,5 euros par action nouvelle», un cours inférieur de 43% à la clôture du 27 juin. Les actionnaires existants bénéficieront du maintien de leur droit préférentiel de souscription (8 DPS donnant droit à 3 actions nouvelles), faisant ressortir une décote de 35,5% par rapport au cours de clôture de l’action ex-droit.

Coordonnée par HSBC aidé de Morgan Stanley, cette opération financera des investissements dans l’énergie solaire et les diodes électroluminescentes d’environ 250 millions d’euros sur 3 ans, hors croissance externe, «dont 100 millions d’euros devraient être décaissés sur l’exercice 2011-2012». Soitec disposant d’une trésorerie brute de 270 millions d’euros au 31 mars dernier, un analyste parisien considère que la société se voit contrainte «de présenter un bilan encore plus sain pour trouver des partenaires commerciaux» dans le solaire. Suspendue hier toute la matinée, l’action a clôturé en repli de près de 10% à 7,1 euros. En 2006, la société avait déjà fait appel au marché, pour un montant proche, afin de financer la construction d’une usine à Singapour.

Cette nouvelle levée de fonds permettra au Fonds stratégique d’investissement (FSI) de rentrer au capital de Soitec grâce à l’abandon d’une partie des droits de souscription du PDG André-Jacques Auberton-Hervé qui contrôle 6,9% de la société. De plus, le groupe japonais Shin-Etsu Handotai, deuxième actionnaire avec 5%, «cédera l’intégralité de ses droits» au fonds souverain qui détiendra théoriquement 2,74% de Soitec à l’issue de l’opération. CDC Entreprises qui possède 3,4% du capital n’a pas fait connaître ses intentions. Le pacte d’actionnaires conclu entre André-Jacques Auberton-Hervé et le FSI prévoit par ailleurs la nomination d’un ou deux administrateurs proposés par le fonds si ce dernier monte à respectivement plus de 5% et 12% du capital.

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