Soitec estime avoir une trésorerie disponible suffisante pour les 18 prochains mois
Les temps sont durs pour les sociétés exposées aux semi-conducteurs. Alors que l’allemand Infineon va diviser par plus de deux ses investissements d’ici à septembre 2013, le français Soitec vient d’annoncer une perte d’exploitation semestrielle courante de 70,2 millions d’euros (contre une perte de 8,5 millions entre avril et septembre 2012). Le spécialiste des plaques de silicium sur isolant, dont le chiffre d’affaires a plongé de 20% à 130,2 millions en rythme annuel, invoque la baisse de la demande d’ordinateurs personnels (PC), qui représente encore plus des trois quarts des débouchés de sa principale division électronique.
Après comptabilisation d’une charge de 51,3 millions, principalement liée «à l’amortissement accéléré pour 33,6 millions de certains actifs industriels (‘impairment charge’) et à une dépréciation accélérée de 17,2 millions sur l’usine de Singapour», sa perte nette atteint 132,3 millions. Compte tenu d’un cash flow d’exploitation négatif à hauteur de 37,4 millions et d’investissements industriels élevés (96,3 millions) lié au développement de sa présence dans l’énergie solaire, le groupe affiche au 30 septembre une dette nette de 31 millions, contre une trésorerie nette de 96,4 millions à fin mars 2012.
Constatant une faible visibilité dans ses activités électroniques sur les prochains trimestres, Soitec table sur un résultat d’exploitation négatif pour la totalité de son exercice finissant en mars 2013. Il a donc engagé dans cette division un plan de réduction des coûts «de 20 millions d’euros en base annuelle» et a entamé des négociations avec les partenaires sociaux sur son site de Bernin (Isère). Anticipant une forte baisse de ses besoins d’investissement, il juge que sa trésorerie disponible de 131 millions sera suffisante «pour permettre de satisfaire aux enjeux et opportunités de l’exercice 2013-2014».
Concernant son niveau de liquidité, en plus de sa trésorerie, le groupe peut mobiliser «52 millions provenant d’une ligne de crédit amortissable de 72 millions, dont 20 millions ont déjà été tirés», précise le directeur financier Olivier Brice.
Soitec devrait ainsi être en mesure d’honorer sa principale échéance de dette, à savoir 145 millions provenant d’une obligation convertible venant à maturité en septembre 2014. L’action a cédé 4,6% hier à 2,25 euros, portant son repli à 41% depuis le 1er janvier.
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