Sodexo tient tête grâce aux marchés émergents dans un environnement morose

Le groupe a prévenu que la croissance interne, de 2,3% sur 9 mois à fin mai, pourrait se situer sur l’exercice dans le bas de la fourchette prévue de 1 à 2%
Benoît Menou

Tel le roseau, Sodexo plie mais ne rompt pas. Dans un «contexte mondial difficile» selon son directeur général Michel Landel, le géant de la restauration collective poursuit ses efforts d’adaptation tout en affichant sa confiance à long terme dans sa capacité à tirer pleinement parti à travers le monde de la volonté de réduction des coûts de la part de ses clients.

Le chiffre d’affaires sur neuf mois à fin mai publié hier reflète le ralentissement économique mondial. L’indicateur est en hausse de 3,7% à 14,2 milliards d’euros, une progression ramenée à 2,3% en organique (hors effets de change pour 0,9% et de périmètre pour 0,5%). Une croissance «satisfaisante» selon Michel Landel, Oddo qualifiant d’«un peu décevante» la croissance de 2,6% au troisième trimestre (après 3,3% au premier et 2,2% au deuxième) au regard d’une «base de comparaison plus favorable».

Les observateurs soulignent tout de même la relative résistance de l’activité en Europe continentale (31% des facturations), où le groupe affiche une croissance interne positive de 0,8%. Alors que cette croissance se situe à 1,4% en Amérique du Nord (38% du total) et à -1,4% au Royaume-Uni et en Irlande (mais +4,2% hors effet de la Coupe du monde de rugby au premier trimestre 2011-2012), les marchés émergents conservent leur rôle de locomotive. Le «reste du monde» affiche ainsi une croissance interne de 7,0% sur neuf mois pour représenter 20% de l’activité. Et le pôle avantages et récompenses reste dynamique avec une croissance de 6,7% à 583 millions d’euros. Raymond James juge «positive» «l’absence de détérioration de la croissance organique sous-jacente au troisième trimestre (3 à 3,5%)».

Ces chiffres permettent à Sodexo de confirmer son objectif de croissance de 1 à 2% sur l’exercice à fin août, quand bien même Michel Landel a concédé que l’indicateur pourrait bien se situer effectivement dans le bas de cette fourchette. Le dirigeant a confirmé l’ambition d’une croissance annuelle moyenne de 7% à moyen terme.

Face aux turbulences, le groupe maintient sa vigilance. Sodexo a dévoilé mardi soir un plan de départs volontaires en France concernant 217 postes. Et le restaurateur a précisé hier que le passage en revue des contrats jugés trop peu rentables l’avait pour l’heure conduit à renoncer fin mai à 180 millions d’euros d’activité annuelle sur les 400 millions potentiellement concernés par le plan.

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