Siemens est touché de plein fouet par une chute des commandes
Siemens commence sérieusement à ressentir les effets du ralentissement économique. Le chiffre d’affaires s’est encore accru de 10% au cours du troisième trimestre de son année fiscale (entamée le premier octobre) à 19,5 milliards d’euros, mais les prises de commandes ont chuté d’un quart à 17,8 milliards d’euros. «Nous ressentons la détérioration de la conjoncture et une retenue de plus en plus prononcée des investissements parmi nos clients industriels», a expliqué le patron du groupe, Peter Löscher, avertissant qu’il sera «plus difficile» d’atteindre l’objectif annuel d’un bénéfice d’exploitation de 5,2 à 5,4 milliards d’euros. C’est surtout en Europe mais aussi sur les autres marchés que la situation s’assombrit.
A la Bourse de Francfort l’annonce a été mal accueillie, le cours de Siemens dévissant par moments de 4%. La déception était d’autant plus grande que le groupe munichois avait déjà dû revoir en baisse ses objectifs de résultats il y a trois mois. Initialement, Siemens tablait pour cette année sur un bénéfice d’exploitation de 6 milliards d’euros. Plus inquiétant pour le groupe qui se déclare champion des énergies renouvelables, ses entrées de commandes trimestrielles dans ces activités ont fondu de 66% sur un an.
Même la progression de son bénéfice net de 78% à 850 millions d’euros au cours des trois derniers mois a été jugé décevante par les analystes. Ceux-ci attendaient un résultat net de plus de 1,3 milliard d’euros. Il en va de même du résultat d’exploitation, inférieur aux attentes.
L'écart provient surtout d’une charge de 443 millions d’euros liée à l’abandon du projet de mise en Bourse de sa filiale Osram. A cause de la faiblesse persistante des marchés actions, l’IPO du fabricant d’ampoules est définitivement écartée. Siemens veut désormais faire don des parts d’Osram à ses actionnaires au printemps prochain à travers un spin off.
Parallèlement, les experts soulignent que la hausse du bénéfice repose essentiellement sur un effet comptable. Il y a un an des charges exceptionnelles, liées au conflit avec le français Areva, avaient plombé les résultats de Siemens. Pour faire face à la morosité économique Siemens mise maintenant sur des réductions de coûts. Selon Peter Löscher, il ne s’agira pas en priorité de supprimer des emplois mais d’améliorer la productivité du groupe. Les détails de ce programme doivent être révélés en octobre.
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