Siemens engage un plan d'économies pour gonfler ses marges
Siemens s’adapte à l’affaiblissement de la demande mondiale. Le conglomérat industriel allemand a annoncé hier à l’occasion de la publication de ses résultats annuels la mise en œuvre d’un programme d’économies de 6 milliards d’euros d’ici à 2014. Un programme censé lui permettre de porter à 12% sa marge à cet horizon, contre 9,5% à fin septembre. Le groupe n’a pas précisé quel en serait l’impact en termes de suppressions de postes.
Le plan Siemens 2014 pèsera en revanche sur l’exercice 2013. Le conglomérat vise un résultat des activités poursuivies compris entre 4,5 et 5,5 milliards d’euros, qui inclut une charge de restructuration d’un milliard, et qui pourrait donc reculer dans l’hypothèse basse par rapport aux 5,18 milliards engrangés sur l’exercice clos au 30 septembre. Net de cette charge, «cet objectif est en ligne avec les attentes du consensus qui table sur un résultat 2013 de 5,6 milliards d’euros», relèvent les analystes actions de Natixis. L’objectif de l’exercice en cours tient aussi compte de la nouvelle norme comptable IAS19 sur les fonds de pension, qui devrait se traduire par 640 millions d’euros de coûts supplémentaires. Siemens table par ailleurs en 2013 sur une légère croissance organique des prises de commandes, qui ont baissé de 4% sur un an à fin septembre.
Dans le cadre de sa restructuration, Siemens prévoit de céder son activité de traitement des eaux, dont le chiffre d’affaires annuel s’élève à un milliard d’euros. Le groupe reste sur un échec dans son programme de cessions: il a dû renoncer cet été à introduire en Bourse sa filiale d’éclairage Osram. Le conglomérat ne s’interdit pas non plus de faire de la croissance externe. Il a annoncé hier l’acquisition, pour 680 millions d’euros, de LMS, un fabricant belge de logiciels de simulation qui emploie 1.200 collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 162 millions en 2011.
Certains analystes se montraient cependant sceptiques hier sur la capacité du groupe à redresser ses niveaux de marges. Les précédents plans d’économie n’ont pas eu les effets escomptés. «Le montant de six milliards d’économies est marquant, mais les prévisions de marges montrent que Siemens ne pourra en retenir qu’une petite partie», souligne Michael Hagmann, chez HSBC. Avant l’annonce du plan, le consensus des analystes intégrait déjà une marge de 11,6% en 2014, rappelle Natixis.
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