Siemens déborde d’énergie grâce aux commandes des marchés émergents
Siemens a publié hier, jour de l’assemblée générale de ses actionnaires, des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, à l’image d’un bénéfice net des activités poursuivies en hausse de 17%, à 1,79 milliard d’euros. Le niveau d’activité surtout a fait l’objet de toutes les attentions. Le chiffre d’affaires s’est élevé à 19,49 milliards d’euros au premier trimestre de l’exercice fiscal à fin décembre, en hausse organique de 6% sur un an. Et les nouvelles commandes ont bondi en parallèle en organique de 13%, à 22,59 milliards. Le ratio «book to bill» des commandes sur les facturations a ainsi poursuivi sa sage progression, à 1,16 (+5 points de base en séquentiel), toujours au-delà du seuil hautement symbolique de 1, permettant au carnet de commandes total de Siemens de s’étoffer encore, à 92 milliards au 31 décembre.
Mieux, les trois divisions ont enregistré une progression des prises de commandes (en ajusté, +16% pour l’industrie, la plus importante, +19% pour l’énergie, +2% pour la santé). Toutes les régions également, avec notamment une hausse de 3% en Allemagne, à la lisière des 3 milliards d’euros de commandes enregistrés sur la période. Un montant qu’a également approché le cumul des commandes reçues de Chine et d’Inde, en hausse ajustée respectivement de 38% et 141%. Les commandes indiennes (1,21 milliard d’euros) ont représenté 2,2 fois le chiffre d’affaires réalisé dans le pays. Les marchés émergents ont ainsi totalisé plus du tiers (35%) des commandes du groupe munichois sur la période.
Au cœur d’une période porteuse sur les prises de commandes, qualifiée de «puissant effet opérationnel de balancier positif» par l’analyste Axel Funhoff chez ING, le groupe diversifié allemand se garde bien pourtant de tout excès d’euphorie, confirmant ses objectifs annuels à fin septembre.
Certes, ces derniers passent déjà par une progression de 25 à 35% au moins du résultat net des activités maintenues. Siemens reste même prudent en misant pour ce faire sur «une amélioration continue de (ses) marchés» permettant une croissance organique «modérée» du niveau d’activité sur douze mois. Mais le groupe bavarois, encore plus concentré sur ses métiers industriels depuis la cession le mois dernier de son activité de services informatiques au français Atos Origin, est bel et bien «stratégiquement sur la bonne voie» aux yeux de l’analyste Bernd Laux chez Cheuvreux.
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