Shire renforce ses traitements des maladies rares avec le rachat de NPS
Shire Pharmaceuticals n'étant pas parvenu à se vendre à AbbVie après les mesures prises par l’administration Obama pour rendre le mécanisme d’inversion fiscale beaucoup moins attractif, le laboratoire britannique a décidé de mettre amicalement la main sur NPS Pharmaceuticals pour 5,2 milliards de dollars (4,4 milliards d’euros). Shire versera 46 dollars par titre en numéraire, soit une prime de 9,8% sur le cours de clôture de la cible vendredi à New York et de plus de 50% sur celui enregistré mi-décembre avant que ne s'ébruite l’intérêt du groupe britannique. «NPS, c’est une histoire de croissance et de maladies rares, et cela colle parfaitement à notre stratégie», a déclaré hier le directeur général de Shire Flemming Ornskov lors de l’annonce de l’OPA.
Dans sa corbeille, le groupe basé dans le New Jersey apporte deux traitements phares : le Gattex, un traitement du syndrome de l’intestin court qui est déjà commercialisé, ainsi que le Natpara, pour traiter l’hypoparathyroïdisme. Ce dernier traitement est encore en cours d’examen par la FDA (Food and Drug Administration) en vue d’une autorisation de mise sur le marché. L’agence américaine en charge des médicaments devrait rendre sa décision d’ici au 24 janvier. Les analystes prévoient des ventes annuelles de plus de 500 millions de dollars pour les deux produits d’ici 2019, mais Flemming Ornskov a jugé ces estimations trop prudentes. «Tout les deux présentent un potentiel significatif et certains parlent de blockbusters», a ajouté le responsable lors d’un entretien accordé à Reuters.
Pour financer cette opération, Shire, conseillé par Citigroup et Lazard, puisera dans ses réserves et recourra à des financements bancaires. Après le retrait de l’offre d’AbbVie, le groupe a touché une indemnité de rupture de plus de 1,6 milliard de dollars. L’acquisition devrait être bouclée au premier trimestre 2015 et contribuer aux bénéfices de Shire dès 2016. Selon Flemming Ornskov, elle n’obère en rien le groupe britannique, «compte tenu du niveau de cash que nous générons et de notre capacité à lever de la dette supplémentaire». «Cela nécessitera bien entendu d’autres opérations de fusion-acquisition», a conclu le dirigeant.
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