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Sharp repousserait à novembre sa levée de fonds d'environ 100 milliards de yens
Sharp repousserait à novembre sa levée de fonds d’environ 100 milliards de yens
Le décalage de deux mois par rapport à l’échéance initiale permettrait au groupe nippon de présenter un plan de croissance plus convaincant
Publié le
Yves-Marc Le Réour
Sharp attendra encore un peu avant de réaliser la levée de fonds qui lui permettrait de renforcer sa structure de bilan. Alors que le groupe nippon devait lever environ 100 milliards de yens (760 millions d’euros) en septembre par le biais d’une augmentation de capital et d’une cession de titres réservée à des industriels, ces opérations ont été repoussées au mois de novembre, selon Bloomberg qui se réfère à des sources proches du dossier. Cela permettrait au groupe de disposer de davantage de temps pour peaufiner sa stratégie de développement à moyen terme. «Pour attirer des investisseurs, Sharp a besoin de pouvoir vendre un projet de croissance qui porte de préférence sur une période d’au moins 3 ans», estime Junya Ayada, analyste chez Daiwa Securities à Tokyo.
Après avoir échappé à la faillite l’an dernier grâce à des prêts bancaires d’urgence totalisant 360 milliards de yens et grâce à l’entrée à son capital de Qualcomm et de Samsung, le groupe d'électronique fait face au remboursement d’une obligation convertible de 200 milliards de yens avant fin 2013. Il serait désormais en négociation avec Makita, spécialisé dans l’outillage électroportatif, et avec Lixil, fabricant d’articles de plomberie, qui pourraient prendre chacun une participation minoritaire de 10 milliards de yens, précisent ces sources. Le Nikkei avait fait état au début de la semaine d’un investissement potentiel de 2 à 3 milliards de yens de l’équipementier automobile Denso. Sharp avait alors indiqué qu’aucune décision «n’a été prise à ce stade concernant l’arrivée d’un investisseur».
Le redressement de Sharp n’en est qu’à ses débuts. Sa dette nette, qui atteignait 1.015 milliards de yens au 30 juin, est restée stable d’un trimestre sur l’autre. Contrairement aux attentes des analystes qui tablaient sur une perte opérationnelle entre avril et juin, il a annoncé un bénéfice d’exploitation de 3 milliards de yens grâce à la baisse de ses coûts. Son chiffre d’affaires a progressé de 32,6% à 608 milliards, stimulé par la forte hausse des ventes de panneaux solaires et par la dépréciation du yen qui a stimulé ses performances à l’export. S’il a encore dégagé une perte nette trimestrielle de 17,9 milliards de yens, le groupe prévoit pour son exercice finissant au 31 mars 2014 un bénéfice de 5 milliards, après trois exercices consécutifs dans le rouge.
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