Séché Environnement se dit prêt à déposer une offre sur la Saur

Après avoir affirmé ne pas vouloir réinjecter de fonds, le groupe, déjà à la tête de 33% de capital, déclare vouloir reprendre la société
Olivier Pinaud

Séché Environnement ne veut pas faire le deuil de la Saur. Joël Séché, le président éponyme du groupe de recyclage, a indiqué hier au mandataire de la société et au Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) être prêt à déposer aujourd’hui une offre de reprise. Celle-ci s’ajouterait aux propositions du pool de créanciers, du fonds Impala de Jacques Veyrat et de Cube Infrastructure associé à Frank Piedelièvre, l’ancien dirigeant de Bureau Veritas. «Joël Séché est resté vague sur les détails de son offre», indique une source proche du dossier, évoquant une injection de fonds propres de 50 à 70 millions d’euros. Un montant inférieur aux 200 millions d’euros dont aurait besoin la Saur pour assurer le financement de son plan d’activité.

Deuxième actionnaire de la Saur derrière le Fonds stratégique d’investissement (39%), avec 33%, Séché n’a pas pu exercer en mai 2012 son option pour acheter 18% supplémentaires en raison de l’opposition des autres actionnaires et d’une discorde sur le prix de l’option. La valeur de sa part a été dépréciée pour devenir négative à hauteur de 25 millions d’euros. En revanche, les 33% d’obligations convertibles qu’il détient toujours sont valorisés 180 millions d’euros. Jugée comme un «baroud d’honneur», son offre permettrait de limiter la casse alors qu’une grande partie des créances de la Saur risquent de devoir être annulées.

Hime, la holding ayant servi à l’acquisition par effet de levier de la société de distribution de l’eau, est étranglée par une dette de 2 milliards d’euros que la génération de cash de la Saur ne peut plus couvrir. En retirant les 150 millions d’euros de prêts juniors voués à disparaître et les 100 millions de dette au niveau opérationnel, Hime doit encore restructurer 1,75 milliard d’euros. Une montagne de dettes qui nécessitera une grande partie d’abandon de créances, scénario que le syndicat des 63 banques créancières espère éviter.

Son offre propose d’injecter 400 millions de quasi-fonds propres plus 200 millions de «new money» à crédit avec une marge de 200 points de base et surtout de transformer 350 millions d’euros de dettes en capital, ce qui permettrait aux créanciers de prendre 100% de Hime. Un schéma dont ne veulent pas entendre parler les actionnaires, FSI, Séché et le fonds Cube Infrastructure. L’examen des différentes offres devrait durer jusqu'à la mi-avril.

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