Schaeffler réaménage la dette de sa holding en s’allégeant dans Continental
Le groupe familial Schaeffler a vendu hier 10,4% du capital du pneumaticien Continental afin de renforcer son bilan. Ce placement accéléré de 20,8 millions d’actions de sa filiale, au prix unitaire de 77,5 euros, a été effectué par M.M. Warburg et Bankhaus Metzler qui détenaient ces titres pour le compte de la holding de contrôle de Schaeffler.
La société opérationnelle du groupe (Schaeffler AG) était déjà parvenue à diversifier et à allonger ses échéances de dette au premier semestre 2012 en levant des fonds sur le marché obligataire, ce qui a conduit l’agence S&P à relever la note de crédit de cette entité, de «B» à «B+». En revanche l’amélioration de la structure financière de la holding de tête (Schaeffler Holding) nécessitait selon les analystes d’Exane BNP Paribas «une mise en Bourse de Schaeffler AG ou un placement d’actions Continental».
Grâce à cette cession de titres, Schaeffler Holding va pouvoir rembourser par anticipation à ses banques 1,6 milliard d’euros, ce qui réduira son endettement à environ 3,5 milliards. Le groupe ajoute que «la structure du crédit sera ajustée», ce qui inclut une amélioration des conditions financières. «Avec la fin des accords qui nous liaient à M.M. Warburg et Bankhaus Metzler, nous avons pu réduire la complexité de la structure capitalistique du groupe», relève également Klaus Rosenfeld, directeur financier de Schaeffler Holding.
La transaction se traduira par une augmentation du flottant de l’action Continental, qui passera «de 39,7% à 50,1%». La famille Schaeffler, qui s’est engagée à ne pas céder d’autres titres durant six mois, restera le plus important actionnaire du pneumaticien «avec une participation stratégique de 49,9%». Ce réaménagement est cohérent avec l’accord capitalistique et industriel conclu fin 2008 entre Continental et Schaeffler, valable jusqu’au printemps 2014. Celui-ci exclut notamment toute fusion, transfert des bénéfices, changement du siège social ou cession d’activité de Continental qui doit rester coté.
La hausse du flottant devrait d’ailleurs conforter le statut boursier de l’équipementier automobile. Celui-ci a révisé en hausse ses prévisions de résultat annuel le mois dernier et fait à nouveau partie depuis lundi de l’indice DAX des 30 plus importantes valeurs allemandes, avec une capitalisation proche de 16 milliards d’euros.
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