Sanofi va aller chercher de la croissance externe dans les pays émergents

Le laboratoire pharmaceutique compte sur des futures acquisitions pour se redresser après les résultats décevants du deuxième trimestre
Pierre Tubiana

Sanofi entend plus que jamais réaliser des acquisitions notamment sur les marchés émergents afin de relancer sa croissance, a indiqué Christopher Viehbacher, le directeur général du premier fabricant français de médicaments lors de la présentation des résultats semestriels. Le groupe, qui a vécu un deuxième trimestre éprouvant avec un recul prononcé de son bénéfice, entend parvenir à un redressement dès le second semestre 2013. Son bénéfice net a reculé de 23,4% à 1,47 milliard d’euros entre avril et juin 2013, en raison de la concurrence des génériques. Le laboratoire, qui prévoit une baisse de son bénéfice net par action de 7% à 10% cette année par rapport à 2012, a enregistré un chiffre d’affaire en régression de 6,3% à environ 8 milliards d’euros.

Sanofi a déjà commencé à rechercher des proies possibles. Fin juillet, des négociations auraient été nouées entre le laboratoire et l’indien Elder Pharmaceuticals sur une possible reprise de l’activité de formulation estimée entre 400 et 450 millions d’euros. Si elle se concrétise, l’opération suivrait l’acquisition en décembre 2012 de la division de santé animale de l’entreprise indienne Dosch Pharmaceuticals pour un montant non dévoilé.

«Le deuxième trimestre a été difficile. Comme prévu, c'était le dernier trimestre se comparant à un niveau élevé l’année passée à cause de l’effet résiduel des pertes d’exclusivité», a plaidé Christopher Viehbacher. Inférieurs au consensus des analystes, les résultats de Sanofi portent également la trace du moindre dynamisme de certains marchés émergents où le chiffre d’affaires a globalement baissé de 2,3% à environ 2,67 milliards.

A la suite d’une mauvaise gestion, Sanofi a dû procéder à un réajustement de son stock de produits génériques au Brésil, jugé excessif, ce qui a ponctionné ses revenus nets de 122 millions d’euros. L’autre cause de la baisse de régime du groupe provient d’un faible développement des «plates-formes de croissance» (71,4% du chiffre d’affaires total consolidé) qui ont connu une progression de 2,5% de leur chiffre d’affaires à environ 5,72 milliards d’euros.

La morosité dont souffre Sanofi frappe plusieurs des acteurs du secteur. Ainsi AstraZeneca, deuxième groupe pharmaceutique britannique, a vu ses ventes baisser de 6% au deuxième trimestre en raison du passage dans le domaine public de certains médicaments et d’une imposition plus lourde qui a pénalisé le bénéfice de près d’un quart.

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