Saint-Gobain gagne un point à l’assemblée générale de Sika
A l’image du cas Eiffage-Sacyr de 2006 en France, qui a par la suite influencé le droit boursier français, l’assemblée générale de Sika hier restera dans les annales du marché suisse. La réunion a été marquée par la vive opposition publique entre le conseil d’administration du groupe de matériaux de construction et son actionnaire de contrôle, la famille Burkard-Schenker.
Contestant les modalités dans lesquelles la famille a accepté fin 2014 de vendre sa holding de contrôle SWH à Saint-Gobain, permettant au groupe français de mettre ainsi la main sur lel’entreprise, le conseil d’administration de Sika a plafonné hier une partie de ses droits de vote. Détenteur normalement de 52,4% des droits de vote, le pouvoir de SWH a été limité à 5%, mais pour certaines résolutions uniquement.
Grâce à ce plafonnement, le conseil d’administration a ainsi obtenu sa réélection. Paul Hälg a également été reconduit à la présidence tandis que Max Roesle, qui était le candidat de SWH, n’a recueilli que 13% des voix. Réélu pour un an, le conseil pourra ainsi poursuivre sa lutte contre l’opération avec Saint-Gobain. En riposte, profitant de tous ses droits de vote sur cette résolution, SWH a voté contre le plan de rémunération des administrateurs et a emporté la décision en AG. La holding a toutefois accepté le «say on pay» de la direction.
En revanche, le conseil d’administration de Sika n’a pas souhaité plafonner les droits de vote de SWH pour la résolution 6.1. Déposée par la fondation Ethos, cette résolution visait à supprimer la clause dite d’opting out présente dans les statuts de Sika. Celle-ci exempte Saint-Gobain d’avoir à lancer une offre publique sur les actionnaires minoritaires même s’il prend le contrôle de Sika. SWH pouvant voter pleinement dans ce cas, la résolution d’Ethos a été rejetée à 69,7% par l’AG.
Malgré cette victoire partielle, Urs Burkard, le représentant de la famille au conseil d’administration, a prévenu hier que SWH aura recours à la justice pour défendre ses droits. «Le conseil d’administration a volé les droits de vote et est entré en territoire juridique inconnu, en toute connaissance de cause», a-t-il lancé. L’actionnaire familial pourrait attaquer la responsabilité des administrateurs.
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