S&P surfe sur la vague du financement désintermédié des ETI
Le mouvement de désintermédiation bancaire en Europe éveille de nombreux appétits. Alors que plusieurs agences se sont lancées récemment ou prévoient de le faire d’ici à la fin de l’année, comme Nota Bene en France, Standard & Poor’s ouvre son propre service d’évaluation des entreprises de taille intermédiaire (ETI) souhaitant diversifier leurs sources de financement via des placements obligataires privés, souscrits par quelques investisseurs, ou des prêts de fonds de dette.
«Mid-Market Evaluation» vise des entreprises non financières ayant un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 milliard d’euros et une dette inférieure à 500 millions, avec pour la plupart d’entre elles un actionnariat familial.
Payée par l’émetteur, l’évaluation doit permettre de fournir à l’investisseur une sorte de garantie alors que ces entreprises, pour la plupart non cotées, fournissent traditionnellement peu d’informations financières. Cette analyse crédit répond aussi aux besoins des investisseurs qui n’ont pas tous les moyens de disposer d’équipe d’analystes en interne. Le nouveau service sera lancé dans un premier temps en France, en Allemagne et au Royaume-Uni, grâce aux équipes actuelles d’analystes crédit de l’agence. L’évaluation sera privée et diffusée uniquement aux investisseurs choisis par l’entreprise notée. Elle sera graduée sur une échelle allant de MM1 à MM8.
«Nous pensons que la réduction des crédits bancaires est une tendance de long terme en Europe», explique Alexandra Dimitrijevic, responsable de ce nouveau produit chez S&P. En 2012, pour la première fois, le stock de prêts aux entreprises non financières a diminué en Europe, avec notamment une baisse de 0,4% en France. Or, selon les estimations de l’agence, les ETI européennes auront besoin de 3.500 milliards d’euros de financements sur cinq ans, dont 2.700 milliards de refinancements de dette existante et 800 milliards de nouveaux besoins.
En considérant que 5% de ces besoins sont assurés par des placements privés, cela équivaut à un marché de 35 milliards par an, prévoit S&P. L’an dernier, les entreprises européennes, de toute taille, ont déjà émis 32 milliards d’euros sur les marchés des placements privés américain, allemand et européen.
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