RWE travaille à la réduction de sa décote
RWE vient de lever l’un des principaux poids qui pèsent sur sa valorisation depuis des mois. Affaibli par l’arrêt programmé du nucléaire dans son pays et par la baisse des prix de l’électricité en Europe, le groupe allemand va rétablir sa situation financière grâce à la vente, annoncée ce week-end, de DEA, sa division d’exploration et de production gazière, au russe Letter One filiale d’Alfa Group qui dispose d’une trésorerie pléthorique après avoir dégagé plus-value de plus de 13 milliards de dollars en 2013 grâce à la vente de ses parts dans TNK-BP à Rosneft.
DEA est valorisé 5,1 milliards d’euros en valeur d’entreprise, en haut de la fourchette de 3 à 5 milliards d’euros qui circulait ces dernières semaines, mais à des niveaux conformes aux multiples sectoriels, indiquent les analystes actions de Natixis, à savoir 15 dollars par baril équivalent pétrole.
La cession va permettre à RWE de déconsolider 600 millions d’euros de dette et d’encaisser une plus-value de 1,8 milliard d’euros. «L’opération est négative au niveau du bénéfice par action, de 7% en 2014 et de 6% en 2015, mais elle va améliorer le cash-flow disponible d’environ 200 millions d’euros et va contribuer à réduire la dette nette du groupe à un niveau de 3 fois l’Ebitda fin 2015», contre 3,3 fois avant la cession, apprécient les analystes de Raymond James. De quoi selon eux repousser les craintes récurrentes d’une augmentation de capital. Ce travail d’amélioration du bilan est également souligné par JPMorgan, dont les stratèges actions sont redevenus positifs hier sur le secteur des utilities européens. Grâce à la maîtrise des investissements et des coûts, RWE, tout comme Enel et E.ON, ne devrait plus consommer de cash cette année, même après le paiement du dividende.
Les analystes crédit de Natixis restent plus circonspects: «Au total, si elle marque un progrès significatif dans le plan de consolidation financière, cette transaction n’assure pas à elle seule à RWE la stabilisation des notations à leur niveau actuel et rend indispensable la cession en 2015 de la part de 16,67% dans Urenco, cession qui semble toujours dépendre de facteurs échappant au contrôle de RWE», en raison du caractère stratégique du groupe de nucléaire.
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