Rusal doit ajuster en forte baisse ses résultats annuels à cause de Norilsk
Le producteur russe d’aluminium Rusal avait prévenu la semaine dernière que les déboires de Norilsk Nickel, dans lequel il détient une participation de 27,8%, auraient «des répercussions négatives» sur ses résultats financiers annuels déjà publiés début mars. Mais l’ampleur de ces ajustements est finalement bien plus importante que prévu pour Rusal. Le plongeon de 41%, à 2,1 milliards de dollars, du bénéfice net du leader mondial du nickel a en effet contraint le groupe russe à revoir en forte baisse sa perte nette qui passe de 55 millions à 337 millions de dollars. La perte par action atteint finalement 2,2 cents contre une perte de 0,4 cent initialement publiée.
Cette révision concerne également le résultat récurrent du groupe. Alors que Rusal avait publié un bénéfice annuel récurrent de 274 millions de dollars pour l’exercice écoulé, il enregistre désormais une perte nette récurrente de 8 millions. Au titre du quatrième trimestre 2012, il affiche même une perte récurrente de 151 millions de dollars contre un bénéfice récurrent de 131 millions annoncé début mars. Approuvés par le conseil d’administration le 19 avril dernier, ces résultats consolidés ajustés ont également été avalisés par le cabinet d’audit KPMG, qui a donc levé les réserves qu’il avait émises le 1er mars dernier suite à la publication des résultats du groupe russe.
Cette dégradation des résultats financiers de Rusal n’a pas conduit le géant de l’aluminium à changer sa prévision en matière de production, attendue en baisse de 7% pour 2013. Dans une interview accordée hier au journal britannique Daily Telegraph, Oleg Deripaska, directeur général et principal actionnaire de Rusal, déclare par ailleurs qu’il ne voit aucun intérêt à investir dans la zone euro dans les circonstances actuelles. «Compte tenu de la force de l’euro et de l’état des marchés en Europe, il ne serait pas raisonnable de procéder à une acquisition importante dans la région en ce moment», souligne le dirigeant, en ajoutant que les pays du Sud de l’Europe, y compris la France, sont particulièrement pénalisés par cette situation. Si les marchés financiers se sont calmés en raison d’un allègement des craintes sur le système bancaire, Oleg Deripaska conclut l’entretien déplorant «un manque d’action claire» dans la région.
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