Rocket Internet profite des largesses du marché actions
Rocket Internet n’a pas froid aux yeux. Moins de 4 mois après son introduction à la Bourse de Francfort, qui lui avait permis de lever 1,4 milliard d’euros, le groupe allemand, spécialisé dans les prises de participations dans des entreprises d’internet (distributeurs, mode, services…), a de nouveau mis ses actionnaires à contribution. La société des frères Samwer a levé 588,5 millions d’euros vendredi en vendant, dans des opérations de gré à gré, sans droits préférentiels de souscription, un peu plus de 12 millions d’actions nouvelles, soit environ 8% de son capital.
Baillie Gifford et United Internet, déjà actionnaires de Rocket, ont apporté à eux seuls 210 millions d’euros. Les nouvelles actions ont été vendues à 49 euros chacune, soit 15% de plus que le prix de l’introduction en Bourse d’octobre 2014. Le placement était dirigé par Berenberg, JPMorgan et Morgan Stanley.
Malgré la proximité de son introduction en Bourse, Rocket profite opportunément des largesses actuelles des investisseurs en actions. Dealogic rappelait la semaine dernière que les ventes de titres par placement accéléré avaient connu le début d’année le plus dynamique de l’histoire, avec plus de 38 milliards de dollars et 150 opérations recensées à travers le monde depuis le 1er janvier.
En faisant de nouveau appel à ses actionnaires, le groupe allemand reconstitue sa capacité d’investissement. Les fonds sont en effet dépensés aussi rapidement qu’ils sont levés. Depuis son IPO d’octobre, Rocket a dépensé 1 milliard d’euros en acquisitions, dont quasiment la moitié rien que pour prendre 30% du capital de Delivery Hero, un service de livraison à domicile de repas créé à Berlin mais aujourd’hui présent dans 24 pays. Rocket a fait du secteur de l’alimentation via internet l’une de ses priorités avec les services financiers innovants («fintech»).
Ce modèle d’investissement tous azimuts et à vitesse grand V fait de Rocket un engin peu lisible, actionnaire de plus de 150 sociétés à travers le monde, pour la plupart déficitiaires, ressemblant plus à un fonds de venture capital qu’à un groupe industriel intégré. Il affirme vouloir construire ainsi la plus grande plate-forme internet mondiale en dehors des Etats-Unis et de la Chine. Le marché achète pour l’instant le projet.
Le groupe capitalise 8,6 milliards d’euros, pour une valeur de portefeuille estimée à 3,4 milliards début février.
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