Roche hésite à casser sa tirelire pour la biotech Alexion
Roche va-t-il faire des folies pour Alexion? Le groupe pharmaceutique suisse cherche un financement de plusieurs milliards de dollars en vue d’une offre sur la biotech américaine, spécialiste des traitements des maladies orphelines, selon Bloomberg et Reuters. Des rumeurs qui n’ont pas été démenties par l’intéressé.
Alexion fabrique notamment le Soliris, un traitement contre deux affections génétiques rares du sang qui touche moins de 20.000 patients dans le monde. Le coût annuel du médicament peut atteindre 400.000 dollars.
La société projette une croissance de 180% de ses revenus d’ici à 2017. En 2012, elle a dégagé un chiffre d’affaires de plus de 1,1 milliard de dollars, en croissance de 45%, pour un bénéfice net en hausse de 60% à 425 millions. Le Soliris devrait engranger 1,5 milliard de dollars de revenus cette année.
Les prix évoqués ont cependant de quoi faire réfléchir Roche à deux fois. Alexion, dont l’action s’échangeait hier aux alentours de 107 dollars pour une capitalisation de 21 milliards (16,1 milliards d’euros), pourrait se faire racheter au moins à 148 dollars par titre, selon les analystes de Piper Jaffray. A ce tarif, la biotech se paierait 61 fois son Ebitda, ce qui en ferait la cible la plus chère du secteur depuis le rachat de Millenium Pharma par Takeda en 2008. Une grande partie des perspectives de croissance sont par ailleurs déjà dans le marché: fin 2010, l’action ne valait encore que 40 dollars. Elle traite aujourd’hui à 36 fois les estimations de bénéfice des douze prochains mois, selon le consensus Bloomberg.
En l’absence de recoupements avec les activités d’Alexion, Roche ne pourrait justifier un tel prix par des économies à venir. «L’opération permettrait au groupe de se diversifier, mais n’apporterait pas de synergies significatives et constituerait un vrai changement dans la stratégie d’acquisition. Le prix peut faire échouer toute transaction potentielle», estiment les analystes de Barclays.
Roche a d’ailleurs su faire preuve de discipline dans un passé récent. Tout en signant la plus grande transaction du secteur des biotechnologies avec le rachat à 46,8 milliards de dollars de Genentech en 2009, le géant suisse a renoncé l’an dernier à reprendre l’américain Illumina, pour des questions de prix.
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