Rio Tinto serre un peu plus la vis pour s’adapter à la chute des prix
Face au ralentissement de la croissance en Chine, qui nourrit la chute du prix des matières premières comme le minerai de fer, Sam Walsh, le directeur général de Rio Tinto, reconnaît une forme de fatalisme. «L’industrie a toujours été cyclique et on s’attend à ce qu’un jour le marché revienne là où il était il y a encore quelques années», a commenté hier le dirigeant du groupe minier lors de la publication des résultats semestriels du groupe.
Au premier semestre, le bénéfice net de Rio Tinto a chuté de 43% à 2,9 milliards de dollars. Celui de la seule activité d’extraction de minerai de fer a plongé de 55% à un peu plus de 2 milliards de dollars.
Cette chute n’est pas une surprise. L’ampleur de la baisse avait été anticipée par les analystes financiers qui, dans l’ensemble, soulignent la capacité de Rio Tinto à maintenir un bénéfice conséquent en même temps qu’une politique de rémunération des actionnaires soutenue. Le groupe prévoit de payer 4,1 milliards de dollars de dividendes en 2015, auxquels s’ajoutent 2 milliards de rachats d’actions. Mais ces résultats dégradés illustrent néanmoins la tâche qui attend encore les miniers avant d’arriver à adapter leur structure de coûts à la «nouvelle normalité» du marché, selon le terme de Rio Tinto. Seuls points positifs : la baisse des cours du pétrole, qui allège les coûts d’extraction ou de transport, et la dévalorisation du dollar australien jouent actuellement en faveur des miniers.
Rio Tinto a annoncé hier un nouveau renforcement de ses mesures d’économies. Le groupe vise 1 milliard de dollars cette année contre 750 millions initialement budgété. Il va également tailler un peu plus dans ses investissements, avec seulement 5,5 milliards de dollars prévus cette année. En 2012, Rio Tinto avait investi plus de 17 milliards de dollars. Selon Sam Walsh, l’industrie devra réduire cette année d’environ 120 millions de tonnes ses capacités d’extraction de minerai de fer, avec 45 millions de tonnes supplémentaires «à risque».
Cette baisse de la production est le meilleur moyen de lutter contre la chute des prix. Le cours au comptant du minerai de fer a touché un plus bas record de 44,10 dollars la tonne début juillet, point culminant de sa dégringolade durant le premier semestre. Il est depuis remonté à 56,40 dollars la tonne mais accuse encore un recul de quelque 22% depuis le début de l’année.
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