Renault veut rendre plus liquide le solde de sa participation dans Volvo

En demandant la conversion des actions constituant son bloc de 6,8 %, le constructeur préparerait sa sortie du capital du suédois
Olivier Pinaud
Photo: PHB/Agefi
Photo: PHB/Agefi  - 

«La sortie supposée de Renault [du capital de Volvo], c’est de la spéculation». Le constructeur automobile a eu beau chercher hier à calmer les esprits, l’annonce de la prochaine conversion des actions Volvo encore détenues par le groupe a relancé l’hypothèse d’une séparation entre le français et le suédois. «Je n’ai pas connaissance d’un quelconque plan [de vente]. La conversion n’a rien de remarquable. C’est une chose que nous voulons que Volvo mette en place depuis pas mal de temps déjà», a déclaré à Reuters le directeur général d’Industrivärden, Anders Nyren.

Si aucun plan n’est prévu à court terme, cette conversion constitue néanmoins un préalable important. Purement technique, la mutation des actions A en actions B facilite en effet la cession des titres sur le marché. Si elles disposent de droits de vote 10 fois inférieurs aux actions A, les actions B sont en effet beaucoup «plus liquides», a expliqué Christer Gardell de Violet Partners, autre actionnaire de Volvo. La demande de conversion sera proposée lors de l’assemblée générale annuelle de Volvo en avril. Pour être validée, elle doit recevoir l’approbation des deux tiers des actionnaires.

En octobre 2010, le bloc de 14,9% du capital de Volvo vendu par Renault sur le marché était constitué uniquement d’actions de classe B. Les derniers 6,8% encore aux mains du constructeur français sont formés d’actions A. Le placement, organisé par Goldmans Sachs, avait permis au constructeur français de recueillir 3,01 milliards d’euros, à un prix de 93 couronnes suédoises par action. Depuis, le cours des actions de classe B de Volvo a progressé de 23% à 114 couronnes suédoises. A ce prix, le bloc encore détenu par Renault est valorisé 1,7 milliard d’euros, avec la même décote de 4% appliquée lors du placement d’octobre.

Carlos Ghosn, le PDG de Renault, a indiqué à plusieurs reprises que le désendettement du groupe constituait l’une de ses priorités. La vente en octobre du bloc de 14,9% avait déjà permis de réduire à 10% le niveau de dette sur fonds propres, suffisamment pour inciter Fitch a relever sa note de BB à BB+. Aujourd’hui, Renault n’a pas d’urgence à remplir ses caisses à moins de devoir financer une acquisition. Récemment, les analystes de Barclays Capital estimaient possible un renforcement au capital du russe AvtoVaz.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...