Renault se montre prudent pour sa génération de cash-flow d’ici à 2013
Si le nouveau plan stratégique («Drive the change») annoncé hier par Renault porte sur la période 2011-2016, la plus grande partie des objectifs chiffrés se limite à l’horizon 2013. A cette date, le constructeur ambitionne de vendre plus de 3 millions de véhicules contre 2,6 millions l’an dernier, en dégageant une marge d’exploitation supérieure à 5% contre 2,8% en 2010. Il compte y parvenir en diminuant de 12% à 15% son coût complet de production, en optimisant encore ses dépenses d’investissement et de R&D et en utilisant pleinement ses capacités industrielles.
Le constructeur vise au moins deux milliards d’euros de cash-flow libre cumulé pour ses activités automobiles sur les trois premières années du plan. «C’est une nécessité pour éliminer le restant de notre dette, établir un matelas de protection minimal dans un avenir incertain et payer un dividende à nos actionnaires», a déclaré le PDG Carlos Ghosn. Cet objectif semble modeste au vu du cash-flow libre de 1,7 milliard généré l’an dernier. Combinée à la cession pour 3 milliards d’euros de ses actions B Volvo détenues, cette génération de cash-flow a d’ailleurs contribué à faire passer sa dette nette automobile de 5,9 milliards fin 2009 à 1,43 milliard d’euros fin 2010. Pour l’exercice 2011, Renault table sur un cash flow libre «supérieur à 500 millions d’euros avec des frais de R&D et d’investissements à 9% du chiffre d’affaires».
Le plan stratégique prévoit le renouvellement complet de la gamme de produits du groupe d’ici à 2016, avec 48 modèles disponibles à son catalogue contre 40 l’an dernier. 80% des modèles lancés entre 2014 et 2016 seront élaborés à partir d’une plate-forme commune avec Nissan et Daimler, ses deux partenaires. Le constructeur attend au moins un milliard d’euros de synergies pour l’alliance avec Nissan, détenu à 44% par Renault, sur chacune des années du plan.
Concernant cette alliance, plusieurs analystes regrettent qu’une intégration plus poussée n’ait pas été annoncée, afin de mettre fin à un système de transfert de cash inefficace entre les deux sociétés. «Le marché attendait surtout de la présentation du plan qu’il apporte un catalyseur à court terme pour déverrouiller de la valeur de l’alliance avec Nissan (...) et il en est pour ses frais», résume Kristina Church, analyste chez Barclays Capital. L’action a terminé en repli de 2,7% à 47,25 euros.
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