Redevenu bénéficiaire, General Motors met fin à sept ans de disette

Le groupe a dégagé en 2010 un bénéfice de 4,7 milliards de dollars, signant l’exercice le plus rentable depuis 1999
Antoine Duroyon

Année 2010 historique pour General Motors (GM). Sorti de la faillite en 2009, grâce au concours du contribuable américain, le constructeur automobile américain a renoué avec les profits. Du jamais vu depuis 2004. Le groupe de Detroit a engrangé 4,7 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros) de bénéfices sur l’ensemble de l’exercice, dont 510 millions de dollars (31 cents par action) au quatrième trimestre.

Ce résultat trimestriel comprend une charge de 21 cents liée au rachat de titres préférentiels détenus par le Trésor. Il a également été affecté par des dépenses en marketing et développement supérieures de 1 milliard de dollars à celles du troisième trimestre, a précisé Chris Liddell, le directeur financier de GM. Sur la même période, le chiffre d’affaires a atteint 36,9 milliards de dollars, là où le panel Bloomberg tablait sur 34,6 milliards.

C’est le marché américain qui tire les ventes de GM au moment où le patron, Dan Akerson, accélère le lancement et le développement de nouveaux modèles (Cruze, Volt...) afin de contrer son rival Ford. La division nord-américaine a généré un résultat d’exploitation (Ebit) de 800 millions de dollars sur les trois derniers mois de 2010, contre une perte opérationnelle de 3,4 milliards un an plus tôt. En revanche, l’Europe reste dans le rouge avec une perte de 600 millions de dollars. La restructuration sur le continent nord-américain a été engagée au prix de lourds sacrifices. D’après le Center for Automotive Research, les trois géants de Detroit prévoient d’avoir fermé 57 usines aux États-Unis et au Canada entre 2005 et 2012.

A la faveur de la reprise, les consommateurs sont prêts à débourser davantage pour un véhicule. Ils ont dépensé en moyenne 33.793 dollars au dernier trimestre, soit une hausse de 14% sur un an, selon le portail spécialisé Edmunds. Mais la hausse des coûts des matières premières, telles que l’acier, l’aluminium et le caoutchouc, suscite des inquiétudes. «Leur capacité à répercuter les coûts supplémentaires aux consommateurs va dépendre de la demande», estime Stephen Brown, analyste chez Fitch Ratings.

Noté BB- par l’agence, GM a remboursé environ 13 milliards de dollars de dette et d’actions de préférence l’an dernier. Le groupe, qui a réalisé un retour en Bourse triomphant en novembre dernier, a clôturé l’exercice avec près de 28 milliards de dollars de liquidités.

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