Reckitt lance la scission à Londres de son pôle pharmaceutique
Alors que la décision de principe avait été prise en juillet, Reckitt Benckiser a lancé hier le processus de scission de son pôle pharmaceutique qu’il entend boucler juste avant Noël. Les spécialités pharmaceutiques du groupe britannique (RBP) seront logées au sein d’une société nommée Indivior, domiciliée au Royaume-Uni et cotée sur le segment «premium» du marché principal de la Bourse de Londres (LSE). Les premières négociations sont attendues le 23 décembre.
Organisée par Deutsche Bank, Morgan Stanley (co-sponsors) et Jefferies qui intervient comme conseil, cette scission devra être avalisée par les actionnaires de Reckitt Benckiser qui sont convoqués en assemblée générale le 11 décembre à cet effet. Si leur vote est positif, ils recevront «une action ordinaire Indivior pour chaque action Reckitt détenue». Le conseil d’administration a recommandé à l’unanimité aux actionnaires d’approuver ce projet de «spin-off».
Les analystes valorisent la société scindée, qui emploiera environ 700 personnes, dans une large fourchette comprise entre 1 et 4 milliards de livres (entre 1,25 et 5 milliards d’euros). Shaun Thaxter, qui dirige RBP, deviendra directeur général d’Indivior. Au titre de l’exercice 2015, la société «a l’intention de distribuer 40% de son bénéfice net sous forme de dividendes», peut-on lire dans le prospectus d’admission.
Sur la base de données pro-forma, RBP affichait en 2013 un chiffre d’affaires de 770 millions de livres (960 millions d’euros), réalisé à 78% aux Etats-Unis, avec une marge nette de 41%. Son principal produit est le suboxone, un traitement substitutif aux opiacés qui détient une part de marché d’environ 60% outre-Atlantique. Dans son mode d’administration sublinguale, ce médicament subit la concurrence accrue de génériques. Sur le trimestre clos le 30 septembre dernier, le chiffre d’affaires de RBP a ainsi reculé de 9% à taux de changes constants.
A l’issue de cette opération, l’activité de Reckitt Benckiser sera recentrée sur les produits d’hygiène et les médicaments vendus sans ordonnance (OTC), un segment dont la croissance est toujours prometteuse. S’ils ne constituaient que 5% de son activité voici dix ans, les produits OTC représentent actuellement 30% du chiffre d’affaires et plus d’un tiers du bénéfice d’exploitation du groupe. L’action a terminé quasiment inchangée à 5.320 pence sur le marché londonien.
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